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Une femme arménienne: “Il faut retourner le Karabakh à l’Azerbaïdjan”

19.12.2014 | 11:11

73688Cette fois-ci, l’interlocutrice du projet intitulé ‘Les coupables innocents’ du Karabakhinfo.com, le journal électronique international, est Janette Mammadova, une femme arménienne qui vit à Bakou.

De nombreux arméniens de Bakou qui ne se sont pas déplacés après le conflit du Haut-Karabakh n’ont pas hésité à cacher leur origine lors du recensement du Comite statistique d’Etat effectué en 1999. A cette époque, à l’exception du Haut-Karabakh, 700 arméniens vivant en Azerbaïdjan ont été recensés. Donc, 700 arméniens vivant parmi les azerbaïdjanais n’ont pas hésité à déclarer leur nationalité.

 

 

Cependant, les différents représentants de l’Etat, les députés, à différents temps et dans les différents stands, ont plusieurs fois déclaré qu’il y a suffisamment d’arméniens vivent parmi nous. Le chiffre plus entendu est 30 milles. En effet, ce n’est pas important si ce chiffre est plus ou moins. Le fait est qu’il y a toujours des arméniens dans notre pays et qu’ils ont le même droit que les citoyens azerbaïdjanais. Pourtant, il n’y a même pas un seul azerbaïdjanais en Arménie. Ainsi, ils ont mené la politique de nettoyage ethnique et ont expulsé tous les azerbaïdjanais de leur maison. En réponse à la demande de la revue électronique ‘Karabakhinfo.com’, le Comite statistique d’Etat a marqué dans sa lettre officielle que selon le recensement de 2009, le nombre de la population arménienne atteint à 120 milles 306 personnes.

 

 

Nous avons décidé de faire les entretiens avec quelques arméniens qui vivent à Bakou et autour de la ville et d’informer les lecteurs de la revue électronique internationale ‘Karabakhinfo.com sur leurs conditions de vie, les raisons de leur séjour en Azerbaïdjan, ainsi que, d’autres questions.

 

 

« Je veux que l’Arménie contribue à la paix ».

 

 

Notre interlocutrice est Janetta, une femme d’origine arménienne qui vit dans le district Garadag de Bakou, le cité Kizildach. Comme elle souffert d’arthrite, elle marche avec une canne. Chaque année, elle part se soigner dans un sanatorium. Depuis que Janetta nous a vu, elle a plusieurs fois déclaré d’être satisfaite de tout le monde. Ainsi, les voisins de la femme arménienne parlent bien d’elle. D’après les voisins, Janetta attire l’attention par sa gentillesse et générosité. Le beau-frère et le beau-fils de Janetta nous a accueilli dans la maison.

 

 

Lorsque nous sommes entrés dans la maison qui n’était pas très luxueuse et un peu désordonnée, la photo du Président Ilham Aliyev placée dans le placard a attiré notre attention. Janetta nous a vu regarder la photo :  « Dieu le bénisse. Je suis contente d’eux. S’il n’existait pas, je ne sais pas comment nous survivrons ».

 

 

En voyant les photos relatives à l’Islam, nous nous sommes intéressés à sa croyance religieuses. « depuis que j’y suis venues, je suis converties à l’Islam » – dit-elle. Ainsi, nous avons commencé à parler à cette dame.

 

 

Je, Mammadova Janetta Ulukhan, suis née à Leninkan. Comme le prénom de mon père rassemble à un prénom azerbaïdjanais, ceux qui ne me connaissent pas ne savent pas que je suis arménienne. Avant de venir en Azerbaïdjan, autrement dit jusqu’à mon mariage, j’ai vécu à Leninkan. En 1978, je me suis mariée et venue en Azerbaïdjan. En 1979, un an après, j’ai été employée dans une usine de chaux. Jusqu’en 1988, j’y ai travaillé comme une garde. Lorsque mes enfants ont commencé à aller à l’école j’ai quitté le travail en raison du manque de temps.

 

 

Le mariage entre un homme azerbaïdjanais et une fille arménienne se faisait dans deux cas – soit tous les deux habitaient dans la même ville ou le quartier, soit ils faisaient la connaissance quand l’un d’eux venait dans la patrie de l’autre.

 

 

A cette époque, mon mari était venu en Arménie. Ainsi, par hasard, nous avons fait la connaissance. Ensuite, il m’a ramené à Bakou. Depuis ce temps, nous sommes ensemble. J’ai trois filles et des petits-enfants.

 

 

« Je n’ai jamais pensé à changer mon prénom ».

 

 

Parmi les voisins, est-ce qu’il y a quelqu’un sait que vous êtez arménienne ? Quelle est leur attitude envers vous ?

 

 

Tous mes voisins savent que je suis arménienne. Jusqu’à présent, je n’ai jamais subi une pression. Tous les ans, je vais au sanatorium situé sur le plage de Chikhov. J’y suis tellement respectée. Ils savent que je suis d’origine arménienne. Notre relation est très bonne.

 

 

De nombreux arméniens vivant en Azerbaïdjan ont changé leurs prénoms. Pourtant, vous ne l’avez pas changé. Pouvons-nous relier ce phénomène avec le fait que vous vous y sentez en pleine sécurité ?

 

 

C’est ça. Je n’ai jamais pensé à changer mon prénom. Tous le monde m’appelle Janna ici.

 

 

Quand est-ce que vous allée en Arménie la dernière fois ? Qu’est ce que vous vous souvenez ?

 

 

Qu’est ce que je peux avoir comme des souvenirs ? Je suis privée de mon frère et ma soeur. J’y suis allée en 1987 pour la dernière fois. Après cela, il y avait un tremblement de terre en Arménie. Tous mes proches de l’Arménie, mes parents, ma soeur, sont partis en Russie. Ensuite, mes parents sont morts. Aujourd’hui mes frères et sœurs vivent en Russie. Dès fois, je contacte seulement une des mes soeurs, mais pas toujours. Je me suis vexée d’eux. Tout ne devait pas être comme cela. On devait vivre comme une famille. Quelle est la faute de tous ces jeunes qui sont morts ?

 
Avez-vous d’autres proches en Azerbaïdjan ?

 

 

Non. Il y a personne. Ils sont tous en Russie. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas les voir.

 

 

« Ma mère a dit « Viens, sinon je vais mourir sans te voir ».

 

 

Est-ce que Janetta, née comme un arménien, se considère arménienne ou azerbaïdjanaise ?

 

 

Je me considère azerbaïdjanaise depuis que j’y suis venue. Ainsi, je considère ce pays comme ma patrie.

 

 

Après le commencement du conflit, comme d’autres arméniens qui n’ont pas quitté l’Azerbaïdjan, est-ce que cela serait la raison d’y rester ?

 

 

Je ne pourrais pas laisser mes enfants et partir. Comment est-ce que je pourrais laisser trois filles et partir ? je ne regrette pas de ne pas partir. Ma mère m’a appelé et pleuré. Elle a dit « viens, sinon je vais mourir sans te voir ». elle est vraiment morte sans me voir. Je lui ai dit que tu perdrais un enfant, mais je ne pourrais perdre trois enfants. Le Dieu ne m’a pas mis dans une situation pour ne pas partir. Tous mes trois filles se sont mariées avec les azerbaïdjanais.

 

 

Certes, vous regardez la situation actuelle sociale en Arménie sur la télévision…

 

 

Oui, je regarde. On dit que la situation est très difficile

 

 

« Comment est-ce que je peux dire qui a le tort ? »

 

 

Diverses versions sont proposées pour parvenir à la résolution du conflit – l’Azerbaïdjan affirme de retourner ces territoires soit par la paix ou la guerre. Ainsi, la partie arménienne réclame que Karabakh est le territoire historique arménien et l’Arménie évite les négociations avec des différents prétextes. Que pensez-vous, qui a la raison ? Quelle forme de résolution du conflit est acceptable pour vous, les arméniens ?

 

 

Je veux que les territoires soient retournés à l’Azerbaïdjan. Je ne sais rien d’autre. La co-habitation de deux peuples sera décidée par les supérieurs. Je veux que les territoires soient retournés, l’Arménie contribue à la paix. Je veux la paix et la restitution de nos territoires.

 

 

Selon vous, quelle partie ne permet pas la restitution des territoires ?

 

 

C’est une question politique. Comment est-ce que je peux dire qui a le tort ? Ne me posez pas les questions politiques.

 

 

Donnez votre avis en tant qu’un citoyen, ne répondez pas à la question politique …

 
Je veux que les territoires soient retournés à l’Azerbaïdjan.

 

 

Ainsi, nous avons conclut l’entretien avec la femme arménienne. Le beau-fils de Janetta nous a rencontré en dehors : « il ne fallait pas poser les questions politiques. Ma belle-mère a le diabète. Elle pourra avoir des problèmes » – dit-il, ne cachant pas son inquiétude.

 

 

Une fois de plus, nous sommes convaincus que les relations familiales éclipsent le conflit entre les nations. En outre, les relations familiales sont de temps en temps utilisées pour résoudre des conflits …

 

 

Il y aura la suite….

 

 

Naibé Gourbanova

“KarabakhINFO.com”

19.12.2014 11:11

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