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Arménie : Un meurtre va-t-il apporter un changement des relations avec la Russie ?

27.01.2015 | 16:26

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Il y a un peu plus d’un an, la ville arménienne de Gumri où se trouve la 102 ème base de l’armée de la Russie, a accueilli le président russe Vladimir Poutine avec faste et en agitant des drapeaux. Maintenant, les manifestants dans la ville piétinent les drapeaux russes.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’incapacité de l’Arménie d’ assurer la garde d’un conscrit russe accusé d’avoir assassiner les six membres d’une famille le 12 janvier – la plus jeune des victimes avaient seulement deux ans – a contribué à ce changement d’humeur. Bien que le procureur général arménien Gevorg Kostanian a déclaré que l’accusé Valery Permyakov, sera jugé en Arménie, l’autorité qui procède à l’instruction demeure incertaine : le tribunal militaire russe de la base 102e, où Permyakov est détenu, ou une cour arménienne .

 

 

 

L’absence d’une réponse claire à cette question met en péril les liens historiques forts entre l’Arménie, principal allié de Moscou dans le Caucase du Sud, et la Russie, estiment des analystes locaux.

 

 

 

Le 15 Janvier, quelques heures après l’enterrement de la famille Avetisian, des affrontements avec la police ont éclaté à l’extérieur du consulat russe à Gyumri alors que des centaines de manifestants ont tenté de pénétrer dans le bâtiment pour exiger que Permyakov soit remis à la police arménienne et être jugé par un tribunal arménien . Au moins 13 personnes auraient été hospitalisées à la suite de la bagarre, et autour d’une douzaine, y compris des journalistes et des militants des droits humains, ont été arrêtés.

 

 

 

La Russie prétend qu’elle a le droit de juger Permyakov depuis qu’il avait déserté la base de Gyumri. Des représentants du gouvernement arménien ont été autorisés à entrer dans la base 102 de l’armée pour confirmer sa présence dans une cellule d’isolement a signalé RFE / RL. Ils ont dit qu’ils allaient transmettre les préoccupations des manifestants aux fonctionnaires russes.

 

 

 

Mais de nombreux Arméniens ne se laissent pas acheter. La famille est sans doute la plus sacrée des institutions sociales dans ce petit pays d’un peu moins de trois millions de personnes. Ce statut existe ailleurs dans la région, aussi, mais en Arménie, en raisons des séquelles de la guerre, du génocide et de grandes migrations, elle exerce une traction particulier.

 

 

 

Les menaces pour les familles peuvent venir de l’Azerbaïdjan ou la Turquie, les ennemis traditionnels du pays, mais elles ne devraient pas provenir de la Russie, le garde du corps de longue date de l’Arménie.

 

 

 

Pour Hrant Hambardzumian, 65 ans ingénieur le fait que le gouvernement arménien ne perçoit pas de taxe de la Russie pour sa base de Gyumri et paya 20,5 millions de drams (environ 50000$) en Novembre pour les dépenses encourues fait de l’assassinat de la famille Avetisian une insulte aussi bien qu’une tragédie.

 

 

 

« Est-ce la sécurité promise par le gouvernement, quand votre famille est abattue pendant son sommeil à la maison ? » s’est moqué Hambardzumian, un résident de la capitale, Erevan.

 

 

 

« C’est un combat pour la sécurité personnelle » a commenté le militant des droits de l’homme Arthur Sakunts, critique virulent du gouvernement. « C’est un cas où tout le monde se sent menacé dans sa propre maison, dans son propre pays ».

 

 

 

Ce sentiment d’insécurité finalement pourrait conduire à un changement dans la réceptivité des Arméniens vers un partenariat stratégique étroit avec la Russie, a prédit Richard Giragosian, directeur du Centre des études régionales d’Erevan. « [I] l semble clair que cet incident et la façon dont l’armée russe le gère, peuvent devenir un point tournant pour le traditionnellement fidèle et servile allié de la Russie, l’Arménie » a-t-il dit.

 

 

 

L’incident à Gyumri n’est cependant pas le premier. En 1999, deux militaires russes ivres basés à Gyumri, Denis Popov et Alexander Kamenev, ont ouvert le feu sur des passants au hasard, tuant au moins deux personnes et en blessant dix autres. Puis, les deux hommes ont été jugés en Arménie, où Popov a été condamné à 14 ans de prison et Kamenev à 15 ans.

 

 

 

Si oui ou non les deux ont purgé leur peine en Arménie n’est pas claire. Dans une interview publiée le 16 Janvier avec News.am, l’avocat de Popov, Tamara Yailoian a prétendu que son ancien client avait été transféré en Russie « après deux à trois ans » et « nous avons appris plus tard, mis en liberté ».

 

 

 

Les responsables russes n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter ses allégations. L’ambassadeur de la Russie en Arménie, Ivan Volynkin, a promis une enquête « objective » dans le meurtre des Avetisian, mais a appelé les habitants à ne pas « politiser » leur mort selon l’agence de presse russe ITAR-TASS. Le porte-parole du Parti Républicain d’Arménie, Edouard Sharmazanov, a esquivé les accusations qu’Erevan craint Moscou, a laissé entendre la même chose.

 

 

 

« Une tragédie a eu lieu, et nous ne devrions pas être à la recherche d’ennemis [impliqués] en elle dans notre pays » a déclaré Sharmazanov a rapporté Tert.am . « Cela n’est pas dans l’intérêt des gens ».

 

 

 

Mais avec des responsables muets (« muet comme les poissons » était l’avis d’Hambardzumian), certains voient les déclarations du gouvernement comme principalement servant leurs propres intérêts plutôt que d’assurer un procès pour Permyakov devant un tribunal arménien.

 

 

 

La colère à l’encontre des meurtres à Gyumri s’appuit sur la méfiance à propos des liens économiques de l’Arménie avec la Russie ; à savoir, la perte des envois de fonds des migrants après la forte baisse de la valeur du rouble en 2014, et la hausse subséquente des prix de détail en Arménie. Le ralentissement s’est produit juste alors que l’Arménie se préparait à entrer dans l’Union économique eurasienne de Moscou le 2 Janvier.

 

 

 

Mais l’ambassadeur de Russie a souligné que les liens russo-arméniennes vont survivre à cette crise. Certains analystes arméniens en conviennent. « L’émotion doit être séparée de la politique-militaire » dans l’évaluation de la relation d’Erevan avec la Russie a conseillé Sergei Minassian, responsable du programme d’études politiques à l’Institut du Caucase à Erevan. Alors que la Russie ne paie pas Erevan pour l’utilisation de la base de Gyumri, elle vend du gaz à l’Arménie ainsi que des armes et du matériel militaire à des prix inférieurs au marché a noté Minassian.

 

 

 

Ce n’est pas suffisant pour convaincre Ruben Mehrabian, analyste au Centre arménien d’études nationales et internationales. Les relations entre l’Arménie et la Russie sont maintenant si “déformées et laids“ a-t-il commenté, qu’elles “doivent être recalibrées.“

 

 

 

par Marianna Grigoryan

 

 

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=107157

 

 

 

 

 

 

“KarabakhİNFO.com”

 

 

27.01.2015 16:26

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