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Commentaires sur la destruction d’un hélicoptère arménien

17.12.2014 | 17:11

helikopterEn Ukraine, la Russie est largement considérée comme le fauteur de troubles visant à déstabiliser le gouvernement à Kiev. Mais quand il s’agit du Haut-Karabagh, le plus long conflit en cours dans le Caucase, le Kremlin est censé agir comme une force de retenue.
Dans la foulée d’un incident qui a conduit à la destruction d’un hélicoptère le 12 Novembre, le conflit du Karabagh se trouve à un carrefour, dans lequel le potentiel pour un retour à la guerre à grande échelle semble plus élevé qu’à tout autre moment depuis la signature d’un cessez-le-feu en 1994. Les forces azerbaïdjanaises ont abattu l’hélicoptère arménien pour un acte de légitime défense près de la ligne de contact là où les forces armées des deux pays restent en état d’alerte, et où les échanges de tirs se produisent régulièrement.

 
Une croyance largement répandue parmi les décideurs et les analystes politiques azerbaïdjanais est que la Russie sera un élément important, peut-être même décisif, en facteur de ce qui va arriver ensuite. Ils notent que Moscou est le leader allié stratégique de l’Arménie et mécène économique.

 
Elkhan Shahinoglu, chef du Centre de recherche de l’Atlas de Bakou, est parmi ceux qui pensent que le Kremlin va exercer une influence modératrice sur le gouvernement arménien. « Peut-être que l’Arménie va vouloir répondre à cet incident. Toutefois, la décision finale sera faite à Moscou, comme toujours » a prédit Shahinoglu.
Avec le Kremlin impliqué dans le conflit ukrainien, et les sanctions occidentales qui prennent un lourd tribut sur l’économie russe, le président Vladimir Poutine veut un calme relatif dans le Caucase estiment les experts à Bakou. « Considérant les défis auxquels Moscou est confronté en Ukraine et les tensions avec l’Occident, je ne m’attends pas à ce que Moscou souhaite ouvrir un nouveau front, là aussi » a dit Shahinoglu.

 

 
Arastun Orujlu, directeur du Centre de recherche Est-Ouest, a déclaré que l’intérêt géopolitique de la Russie dans le Caucase est au maintien du statu quo, c’est à dire un « conflit gelé » dans lequel aucune des parties n’a la haute main au Karabagh. « La Russie voit les conflits gelées comme le principal soutien de son existence dans la région » a déclaré Arastun Orujlu.

 
« L’Azerbaïdjan ne voulait faire savoir à l’Arménie qu’elle doit respecter nos frontières » a commenté Uzeyir Jafarov, un journaliste spécialiste des affaires militaires. Jafarov a souligné que deux hélicoptères arméniens ont sondé la ligne de front le 12 Novembre, et que si les forces azerbaïdjanaises avaient l’intention de provoquer la reprise d’un conflit à grande échelle, ils auraient abattu le deuxième hélicoptère.

 
Certains experts ont suggéré que l’incident était relié à un désir de certains fonctionnaires à Bakou de tester l’humeur de Moscou. L’Azerbaïdjan et la Russie ont longtemps eu une relation particulière : non seulement la relation particulière de Moscou avec Erevan a été une source de tension à Bakou, mais la Russie et l’Azerbaïdjan ont également débattu au sujet des questions liées à l’exportation de l’énergie, y compris les tracés de pipelines concurrents.
Orujlu est parmi ceux qui se demandent si le tir était la façon de Bakou de mesurer les vrais sentiments de Moscou vers Bakou. « Cela pourrait être un peu une opération de renseignement par l’Azerbaïdjan, cherchant à savoir la réaction de la Russie [à ces actions], étant donné que Moscou a des défis en Ukraine et une relation plus étroite [aujourd’hui] avec l’Azerbaïdjan » a déclaré Orujlu.

 
En fin de compte, peu importe ce qui se passe à Moscou, l’Azerbaïdjan est prête à toute éventualité, a déclaré Shahinoglu. « Si l’Arménie décide de répondre, l’Azerbaïdjan ne reculera pas et cela conduira à une nouvelle guerre » a déclaré Shahinoglu.

 

 

“KarabakhİNFO.com”

 

 

 

17.12.2014 17:11

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