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Ecole d’achoughs au Karabakh

20.11.2013 | 17:37

1384330811_1384261590_a1La culture de notre peuple est très riche et ancienne. L’Azerbaïdjan qui se trouve au carrefour de l’Est et de l’Ouest joue un rôle important dans le développement de la culture mondiale depuis l’antiquité. Par conséquent, la nation azerbaïdjanaise est fière de ses monuments historiques, de sa littérature, son art et sa culture, ainsi que de sa musique. Le premier théâtre profane, le premier opéra et ballet, la première Académie des Sciences en Orient musulman ont été établis en Azerbaïdjan.

Uzeir Hadjibeyov, fondateur de l’École des compositeurs en Azerbaïdjan, relie le mot «Achugh» au mot arabe “Achik” qui signifie littéralement « amoureux » en turc. D’après le professeur Mammadhusseyn Tahmasib, le mot «Achough” a pris ses origines du mot turc vieilli «Ache» qui signifie comme «chanson». Au moment où le mot «Achoulatchi» signifie en ouzbek “chanteur”.

 Les cercles des achoughs en Azerbaïdjan sont situés dans différents endroits. Certains chercheurs ont exprimé leurs opinions sur la question. Historiquement, les cercles des achoughs en Azerbaïdjan sont les suivants :

1. cercle d’achoug de Gandjabassar (Gandja – Shamkir – Tovouz – Gazakh) ;

2. cercle d’achoug de Bortchali (Bortchali – Bachketchid – Garayazy) ;

3. cercle d’achoug de Goytcha ;

4. cercle d’achoug de Daralayaz ;

5. cercle d’achoug d’Iravan ;

6. cercle d’achoug de Tchildir ;

7. cercle d’achoug de Shirvan ;

8. cercle d’achoug de Darband (Darband – Guba – Shaki) ;

9. cercle d’achoug de Karabakh ;

10. cercle d’achoug de Nakchévan.

Aux X-XI siècles les éminents penseurs de l’Orient- Saïd Amiroul Bardaï, Mohammad Abdullah Bardaï ont vécu au Karabakh. Massoud Namidar, poète du IX siècle, originaire du Karabakh est devenu célèbre pour sa traduction de “Bible” en arabe, en persan et en turc. Les tudes de Mohammad Garabaghi, philosophe-écrivain du XVI siècle, sont conservés dans la bibliothèque au Caire. L’école de la poésie nationale moderne de la littérature azerbaïdjanaise a été fondée au Karabakh par Molla Panah Vaghif au XVIII siècle et a été développé par Gassim bey Zakir.

Le premier achough du cercle d’achough du Karabakh a été Davdag, poète vécu au VII siècle. Son seul poème venu jusqu’au nous est celui consacré à la mort de Djavanchir, chef de l’Alban-Partav-Barda. Les idées et la ligne esthétique, le style de ce poème, montrent qu’il était très connu à son époque.

Les créateurs plus importants de la littérature en langue arabe de l’Azerbaïdjan du X siècle, Abu Bakr Ahmad al- Bardaï, Khatib Baghdadi Mohammad al-Bardaï, Ahmad ibn al-Hussein abu Saïd al- Bardaï, Saïd ibn al-Gassim al-Bardaï, abu Sad ibn Yahya al-Bardaï ont été les plus célèbres savants et des philosophes de leur temps non seulement en Azerbaïdjan, mais aussi dans le monde islamique.

L’une des plus grandes figures de XII siècle de la poésie azerbaïdjanaise est Mudjireddin Beylagani, originaire du Karabakh. Zaki ibn Hussein ibn Omar Beylagani qui était de la même génération que Mudjiraddin, avait atteint le fiqh en philosophe, le niveau scientifique plus élevé.

Tuti Abdulla Garabaghi, poète avec une source d’inspiration très complète, a vécu au XIV siècle.

Au XV siècle, le cheikh Ibrahim ibn Mohammad Chahabaddin Bardaï était célèbre sous le pseudonyme “Gulchéni”. En tant que Movlana Gulchéni, il a propagé sa religion dans l’Empire ottoman. Son école qui est toujours en activité, se trouve au Caire. Ses deux fils, le Cheikh Ahmad Gulchénizadé et Safvati Sayid Ali Gulchéni étaient aussi des poètes.

Youssef Ibn Mahammadjan Mahammadchahy Garabaghi, vécu aux XVI-XVII siècles, était l’un des scientifiques éminents de son temps qui est allé au khanqah Husseiniya de Samarcand et devenu Movlana Youssef.

Le nom du maître Achough Gourbani, un ami au palais du Shah Ismail Khatai vécu au XVI siècle, ainsi que les noms de Mirmohsun Lambarani Assaf, Achoug Ali, Achoug Valeh, Ziyad Garabaghi ​​et Vaghif, vécus au XVIII siècle nous disent beaucoup de choses.

Le Karabakh a été historiquement connue comme la terre d’Ozan-Gopouz et plus tard Achough-Saz. Il se compose de Choucha-Karabakh : le Haut-Karabakh, Yevlakh, Aghdam, Aghdjabédi, Barda, Djabrail, Lachin, Fizouli, Tartar. La composition des Achoughs est sous différentes formes. Ils suivent les motivations des Mughan-Chirvan ou Gandja-Tovouz. Ils continuent la tradition et le patrimoine de l’art Ozan. L’art Ozan a donné lieu à l’art d’Achough. Cet art n’a pas été transformé, c’est à dire qu’il n’a pas changé sa forme ou sa structure, mais a été remplacé à cause des raisons historico-politiques et idéologiques particulières, avec d’autres types d’art.

Le cercle d’achoughs de Karabakh était un centre d’art émergé de religion. La sanctification des tombes de divers achoughs comme achough Gourbani et achough Lélé est une preuve visuelle. En d’autres termes, le cercle d’achoughs de Karabakh était associé à la tradition confessionnelle. Au XIX siècle l’art d’achough en Azerbaïdjan a été très développé. Achough Mohammad (1834-1914), achough Aziz (1825-1918), achough Hussein (1800-1880), achough Ali (1807-1907), achough Alasgar (1821-1926), Molla Juma (1855-1919) et d’autres ont eu une influence positive au développement de l’Art achough au Karabakh. Ce genre de musique a été utilisé au Karabakh pendant les évènements nationaux et des cérémonies religieuses.

Il est impossible d’imaginer la littérature orale séparée de l’art Achough au Karabakh : «Auparavant, il existaient aussi des écoles. Il y avait des conteurs et des Achoughs. Les Achough composaient des paroles et chantaient dans les rues que les gens apprenaient par cœur… “

Il est à noter que, l’art Achough a prospéré au Haut-Karabakh surtout entre XVI-XVIII siècles. Après ce période des écoles d’Achough ont été créées au Karabakh où les achoughs obtenaient le titre de «Achough spirituel”, “Maitre Achough “.

Si on parle de l’art des achoughs au Karabakh, on ne pense qu’au premier à Achough Gourbani.  Gourban était né en 1477 dans le village Diri, situé dans la région Djabrail non loin du pont Khudaferin. Avant de rencontrer Shah Ismail Khatai, il était connu sous le nom “Dirili Gourban”, qu’il a adopté après le pseudonyme d’Achough Gourbani.

G. Kazimov écrit dans ses recherches : «Le poète qui s’appelait Gourban, écrivait sous le pseudonyme “Dirili Gourban” (Gourban de Diri- le nom du village où il est né) avant de connaître Khatai. Prendre le nom de sa ville ou village natal comme un pseudonyme était un style parmi les poètes de ces époques. Quand il est entré au palais, il était obligé de changer son pseudonyme qui présenté des signes de provincialisme et qui n’était pas approprié pour le goût et la tradition des poètes de palais, et il a accepté le pseudonyme “Gourbani”.”

Achough Pari est l’une des ashoughs connus qui ont joué un rôle majeur dans le développement des poésies du ménestrel en Azerbaïdjan et a vécu au début du XIXe siècle au Karabakh. Son nom figure sur la liste avec d’autres poètes célèbres de la poésie classique, comme Mahsati Gandjavi, Heyran Khanum, Khourchoud Banu Natavan, Fatma Khanum Kamina. Née dans le village Maralyan de la région de Djabrail, elle a appris l’arabe et le persan à l’école religieuse et a grandi là-bas. Il n’y a aucune information précise sur sa vie. Selon certains chercheurs, Achough Pari a démangée à Choucha à 18 ans, où elle a vécu et est morte très jeune, mais, selon d’autres, elle a vécu jusqu’à un âge avancé. Certains de ses poèmes ont survécu jusqu’à nos jours.

Achough Valeh de Abdalgulabli est l’un des achough plus aimés par le peuple et que sa créativité a été appréciée par les maîtres. Il ya de nombreuses années, nos scientifiques font des recherches sur lui, ont recueilli et publié ses poèmes, et ont donné leur avis à ce sujet. Au début du XXe siècle, Firoudin bay Kocharli disait : “il était un poète bien connu en son temps et son pseudonyme était Gulabli, le nom de sa terre natale.”

Achough Valeh est né dans le village Abdalgulabli de la région d’Agdam. Ce village, qui était le conservatoire, le berceau de la musique de l’Est et le foyer des poètes et des chanteurs, est la terre natale de nombreuses célébrités. Parmi eux, le grand-père de Valeh, poète Mohammad, Achough Ghullu, Achough Djounoun, Achough Ghanbar, le professeur de Valeh, Achough Samed, Achough Abbasgoulu, Gourban Pirimov, Sara Gadimova, et les autres sont nés dans ce village.

L’un des maitres de notre musique populaire était Achough Abbasgoulou. Né dans le village de Gulabli au Karabakh en 1850, il était le petit-fils d’Achough Valeh. En raison des difficultés de son temps, il n’a pas reçu l’instruction dans une école comme les autres poètes. A cette époque, il y avait deux célèbres groupes achoughs à Gulabli. Son père l’a inscrit au groupe d’Achough Nadjafgoulou. Il y apprend à écrire, lire et jouer du saz (instrument de musique). Il a ensuite rejoint le groupe d’Achough Hassan, où il devient très connu. Sa voix, agréable et mélodieuse, lui a apporté la gloire.

L’auteur de la chanson “Goja Gartal” chantée même aujourd’hui, était notre achough Sari, vécu au XVIIe siècle dans le village de Gulaburd au Karabakh. Son vrai nom était Zulfugar. Il était blond, donc il a été appelé “achough Sari ” (poète blond). Maintenant la chanson “Goja Gartal” est connu sous le nom “Azafli dubeytisi”. Mais le vrai nom de cette chanson est “Zulfugari” et son auteur était Sari achough. Sa deuxième chanson la plus connue est «Bayati». Cette chanson interprétée par le saz, est la seule chanson qui a une racine spécifique qui s’appelle “Bayati”. Cette chanson a été connue sous différents noms dans différentes périodes : «At ustu”, “Palan tokan”, “Choban bayatisi», etc.

Le créateur de la chanson “Gülabi», né au village Abdal-Gülabli du Karabakh, était l’élève d’Achough Samad, vécu au XVIII siècle. Il a donné le nom de son village à cette chanson.

A.Taghıyeva

“KarabakhİNFO.com”

20.11.2013 17:37

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