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II Catastrophe nucléaire de Tchernobyl attend se produire au Caucase

22.04.2014 | 13:22

1398158522_1397805150_metsamor_aerien_420x250Deux jours après le III Sommet de la Sécurité Nucléaire qui s’est déroulé à la Haye le 24-25 mars, le gouvernement  arménien a approuvé de prolonger la durée d’exploitation de sa centrale nucléaire Metsamor pour dix ans. A l’origine, la centrale devait  arrêter son fonctionnement en 2016.

La centrale Metsamor a  été construite en 1976 par l’Union soviétique et équipée de deux réacteurs (1 et 2) nucléaires de type VVER-440/V2302, mais la technologie utilisée n’est plus conforme aux normes de sécurité actuelles.  Le plan de la construction des réacteurs nucléaires 3 et 4 a été abandonné après la catastrophe de Tchernobyl.  Il convient de noter que le réacteur de Metsamor a le même caractère que celui de Tchernobyl.

La centrale nucléaire est située dans l’une des régions plus sismiques du monde et 30 kilomètres d’Erevan, capitale de l’Arménie. Le gouvernement a dû arrêter le fonctionnement de ces deux réacteurs suite au tremblement de terre dans la région de Spitak en 1988. 7 ans après, en 1995 seulement le réacteur 2 de type VVER-440/V2302   a été remis en service malgré les protestations internationales. Actuellement, il existe seulement 5 réacteurs nucléaires de ce type: un en Arménie et quatre en Russie.

 L’Union Européenne encourage le gouvernement arménien à fermer la centrale, non seulement du fait qu’elle est  techniquement obsolète, notamment les réacteurs étant classés dans la catégorie «la plus ancienne et moins fiable » des 66 réacteurs soviétiques construits en Europe de l’Est et de l’ex-Union soviétique,  mais également du fait de son emplacement dans une région à haut risque sismique. Lors de sa visite en Arménie, Hristea Traian, le chef de la délégation de l’Union Européenne, a évoqué :  « La fermeture de la centrale Metsamor est la plus importante question dans l’agenda de l’Arménie-UE. L’UE est prête à proposer les alternatifs afin de subvenir aux besoins énergétiques de l’Arménie». À ce stade, le gouvernement arménien a refusé la somme de 200 millions d’euros, proposée par l’UE en contrepartie de la fermeture de la centrale. Il faut rappeler que 4 réacteurs de type VVER-440/V2302 en Bulgarie et 2 en Roumanie ont été fermés après leur adhésion à l’UE.

 En 2003 Hagop Sanasaryan, l’écologiste arménien et le chef de l’Union vert de l’Arménie, a déclaré que la centrale  de Metsamor ne répondait pas aux normes de sécurité nucléaire internationales  reconnues, en raison de l’absence d’une enceinte de confinement.  C’est pourquoi, elle n’a pas de couche de protection, qui absorberait les éléments dangereux épuisés et empêcherait leur émission dans l’atmosphère en cas d’accident .

 Entre temps, la décision d’exploiter la centrale  jusqu’en 2026 a été approuvée par le gouvernement arménien lors de sa session du jeudi 27 mars. Le Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Armen Movsisyan a expliqué la raison du prolongement par le retard de la construction d’un nouveau réacteur nucléaire. De plus, le Ministre a souligné que l’Arménie continue à travailler activement afin de construire une nouvelle centrale nucléaire. Movsisyan a cité la récente crise économique mondiale et les «processus géopolitiques” comme les principales raisons de l’échec à procurer les investissements nécessaires. Pendant des années, le gouvernement arménien s’est mis à la recherche des investisseurs intéressés par ce projet ambitieux dont le coût est estimé à plusieurs millions de dollars. Lors de la réunion du gouvernement, le Ministre Movsisyan a déclaré qu’il a été prévu de construire le nouveau réacteur nucléaire dans les 15 prochaines années. Il a annoncé que le projet de construction pouvait être réalisé par Rosatom, la société gouvernementale d’énergie nucléaire de la Russie.

Il faut noter que même si l’on construit les réacteurs de nouvelle génération, la centrale Metsamor restera toujours une source de danger. Au cours des dernières années les processus sismiques se sont intensifiés dans le Caucase. La catastrophe japonaise de l’année dernière nous a démontré que les impacts des catastrophes naturelles sont inévitables indépendamment de la modernité des technologie.  Les supérieurs arméniens doivent sérieusement réfléchir à ce sujet. L’ accident éventuel du Metsamor conduira à de graves conséquences non seulement en Arménie, mais aussi dans le Caucase du Sud et Moyen-Orient.

Les pays de la région – l’Azerbaïdjan, la Turquie et la Géorgie –  sont très inquiets de la situation et ont proposé d’adresser des spécialistes  pour examiner la centrale nucléaire de Metsamor.  La partie arménienne a affirmé que la centrale a été vérifiée par dix comités différents en 2011, mais les résultats des tests ne sont pas communiqués aux pays voisins. Ceci est l’absence  de transparence. Selon les analystes, la catastrophe potentielle du Metsamor aura un impact tragique surtout sur l’Azerbaijan, la Turquie et l’Iran. La station est située à 20 km de la frontière turque.

Lors du  III Sommet de la Sécurité Nucléaire, Ilham Aliyev, le Président de l’Azerbaïdjan, a encore une fois soulevé le problème et  a fait part de son inquiétude :  « Au lieu de fermer cette centrale , l’Arménie a décidé de prolonger sa durée de fonctionnement  jusqu’en 2026. Pourtant elle est située  dans une zone sismique et  basée sur une technologie vieille et  très dangereuse ».

“KarabakhİNFO.com”

22.04.2014 13:22

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