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Interview eclusive avec l’Ombudsman de Moldavie, Aurelia Grigoriu

03.10.2013 | 15:43

1380799699_aurella-3– Récemment vous avez visité l’Arménie. Parlez nous des raisons de cette visite. 

 

– J’y suis allées pour participer aux Forums Internationaux des Ombudsmans. Le Centre de la Défense des Droits de l’Homme a été invité à la Conférence organisée à Erevan et j’ai été désignée pour participer aux Forums Internationaux des Ombudsmans. Le sujet de mon discours a été envoyé par avance aux organisateurs de la Conférence  et le texte du rapport a été envoyé à Erevan pour la traduction en anglais.

– Est-ce que vous vous attendiez de rencontrer à autant de tension en Arménie?

 

– Bien sûr, je m’attendais à ce que mon rapport ne satisfasse pas tout le monde, mais je ne m’attendais pas à une telle réaction. L’Arménie a montré son vrai visage au monde.

– Avez-vous eu le soutien de l’Azerbaïdjan contre les pressions arméniennes?

 

– Je pense que oui. Je suis particulièrement reconnaissante aux azerbaïdjanais  qui m’ont écrit des quatre coins du monde après le 5 juillet. Sans ces lettres, je ne sais pas comment j’aurais survécu à toute cette pression et supporté les mensonges et les calomnies.  Mais la position des autorités moldaves est ambigüe. Et, le fait plus intéressant est que les citoyens de la Moldavie me soutenaient, tandis que le gouvernement ne m’a pas aidée dans mes démarches. Au contraire, il a tout fait pour montrer qu’il soutenait l’Arménie. Bref, officiellement, la Moldavie ne me soutient pas.

– A votre avis, qui faut-il blâmer pour le fait que le Haut-Karabakh est toujours sous occupation arménienne?Interview eclusive avec l'Ombudsman de Moldavie,  Aurelia Grigoriu

 

– Ce n’est pas à moi de juger qui a raison, qui a tort. Cependant, il est inacceptable d’avoir la même attitude envers le pays agresseur et le pays et ses citoyens, qui souffrent de l’agression. A cet égard, la coupable est l’Arménie qui a occupé les territoires d’un autre pays et qui tente à justifier ses actions.

– Les atrocités des arméniens commises à Khodjaly sont connues de tout le monde. Et leur menace envers vous en disant: “On va vous montrer tous les “détails” de Khodjaly”, ne montre-t-elle pas leur vraie nature qui est cruelle?

 

–  J’ai évoqué la nature de l’occupation dans mon discours à Erevan. L’Arménie ne respecte pas les résolutions des organisations internationales en violant massivement les droits de l’homme, en tuant la population civile,  en déportant des milliers des gens.

– Ne pensez-vous pas que les résolutions de l’ONU sur les pays arabes prennent effet immédiatement, tandis que les quatre résolutions sur l’Azerbaïdjan, ne sont toujours pas satisfaites, comme si rien ne s’était passé. L’adoption d’une double approche de l’Occident pourrait-elle être la raison de la non-résolution du problème?          

  

C’est une politique à double tranchant. Malheureusement, nous devons constater que, dans la résolution du conflit du Karabakh, cela ne fonctionne pas. Par conséquent, j’ai soulevé cette question lors de la Conférence Internationale tenue à Erevan. Le thème de mon discours était «Les normes européennes de primauté du droit – Limitation des pouvoirs des Etats membres du Conseil de l’Europe”

Je voudrais attirer l’attention sur les problèmes de violation des droits de l’homme dans les zones de “conflits gelés”, ainsi que l’inadmissibilité des doubles approches.  C’est un véritable champ d’activité pour les politiciens modernes. Il est impossible d’affirmer catégoriquement et sans équivoque que la non résolution du conflit est le résultat de l’attitude ambiguë de l’Occident. Toutefois, il faut insister sur le plan international, afin que les résolutions du Conseil de Sécurité et  de l’Assemblée Générale de l’ONU soient exécutées.

 Il est nécessaire de préciser que l’ONU, créée depuis plus de 70 ans,  et son Conseil de sécurité, n’ont pas pris en compte les importants changements qui se sont produits dans le monde. Il y a de nouveaux problèmes et de nouveaux défis. Leur solution nécessite de nouvelles approches et de nouvelles recherches. Par conséquent, il est temps de faire quelques réformes dans cette structure, plus particulièrement  en ce qui concerne les «zones de conflits gelés».

“Les conflits gelés” fournissent une opportunité de renforcer le pays agresseur dans les territoires occupés. Le statu quo apporte un bénéfice seulement à l’Etat agresseur et non aux pays qui sont victimes de cette agression. Par conséquent, il faut l’interdire.

Interview eclusive avec l'Ombudsman de Moldavie,  Aurelia Grigoriu– Après votre déclaration courageuse  vous avez subi des pressions même dans votre pays. Mais il serait préférable que la Moldavie reste neutre sur ce problème. Quelle décision pensez-vous prendre: défendre les innocents ou fermer les yeux pour ne pas gâcher les relations mutuelles? 

 

– Je pense que dire la vérité en face ne devrait pas affecter les relations amicales entre ces deux pays. Après tous, les événements qui ont eu lieu, par exemple, à Khodjaly sont prouvés et les Arméniens eux-mêmes ne nient pas les faits. Les problèmes doivent être identifiés et traités de façon cohérente. La politique de l’autruche ne mène à rien de bon. Il faut soulever cette question partout, dans les Forums Internationaux.

Mehman Hassan

“KarabakhİNFO.com”

03.10.2013 15:43

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