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Kharibulbul (ophrys) est en captivité

02.11.0201 | 12:28

1383380769_12La perte du Karabakh ne se limite pas par la conquête de nos terres et nos foyers natals. C’est aussi la perte de la culture, de la nature et de la richesse. Chaque partie du Karabakh séduit par la beauté de sa nature. Quand on parle de Choucha, à prori nous pensons à Kharıbulbul.  Ce genre d’orchidées est considéré comme le symbole de Chucha. Personne ne peut décrire Kharıbulbul comme le font les habitants de Choucha.

Sardar Elmaddin, combattant de guerre du Karabakh, a partagé ses réflexions sur cette fleur avec le journal “KarabakhİNFO.com”. Il nous a raconté que cette orchidée se trouve dans de nombreuses régions du monde. «Si je ne me trompe pas, en tout il existe 42 types de Kharıbulbul. Mais la variété qui grandissait à Choucha était différente des autres grandissant en Azerbaïdjan. Quelle était la différence ? Il s’est distingué surtout par sa couleur. Pour nous, le lieu d’origine de Kharıbulbul était toujours Choucha. Cette orchidée est rependue aussi dans d’autres régions de l’Azerbaïdjan, comme à Shamakhi, Gouba ou Davatchi. Elle pousse surtout dans les régions de montagne.»

Selon lui, il existe 23 espaces de Kharıbulbul en Azerbaïdjan. A Choucha, Kharıbulbul poussait à Jidir duzu (la plaine) et à Gizil Gaya (rocher d’or) où les gens les cueillaient.

Kharibulbul (ophrys) est en captivité Sardar Elmaddin a partagé ses souvenirs d’enfance au sujet de cette fleur avec nous : «Nous faisions des concours entre nous, qui va recueillir plus d’orchidées. Cette plante grandie seul. Il était impossible de voir un grand nombre de Kharibulbul côte-à-côte. Nous les recueillions en particulier à Gizil Gaya. »

Notre interlocuteur se rappelle du festival de “Kharıbulbul” qui se tenait à Agdam. «Je me souviens bien que quand j’était enfant le festival de “Kharıbulbul” se tenait à Agdam chaque année. Beaucoup d’invités venaient de partout dans le monde à ce festival. Ce genre d’orchidée se poussait vers la fin du mois d’avril et le début du mois de mai. Et sa vie était trop courte. Cette belle fleur avait seulement 15-20 jours de la vie.»

Kharıbulbul a un autre nom dans la science : Ophrys caucasica (Orchidée du Caucase) ouOphrys Mammosa. C’est une plante qui se reproduit avec des graines. Il appartient à la famille des orchidées (Orchidaceae lat.), de genre Ophrys.  Plus de 50 espèces de l’Ophrys poussent dans les différentes régions de l’Azerbaïdjan et, dans les territoires du Caucase. Les autres espèces poussent en Turquie, en Grèce, en Crimée et dans d’autres pays.

Oui, une fleur pousse à Choucha qu’on appelle Kharıbulbul qui ne grandit nulle part ailleurs. Le Mugham (musique typique nationale azerbaïdjanaise) et le folklore qui sont créés ici, n’existent ailleurs. Kharıbulbul germe seulement pour l’amour de Choucha. La combinaison de l’inspiration et de l’amour de Choucha ne se trouve nulle part. Dans un exemple de folklore est dit : ” la fille de Ibrahim Khalil Khan, Aghabeyim Agha, qui s’est marié à Fath Ali Shah et s’est ‘installée à Téhéran, a fait transporter de terre de Choucha pour créer le jardin de son pays. Dans ce jardin nommé “Jardin de patrie” toutes sortes de plantes et de fleurs qui poussent à chaque partie de Choucha ont été cultivées, à l’exception de Kharıbulbul qui n’a pas poussé. Mais ce geste ne suffit pas à lui faire oublier la nostalgie de la patrie».

Cela montre une fois de plus qu’on ne peut pas imaginer Kharibulbul sans Choucha.  Est-il possible d’imaginer la faune et la fleur nationale sans Choucha et l’Azerbaïdjan sans le Karabakh ? C’est impossible !

 Le pire, c’est que notre Kharıbulbul a été capturé et que “le jardin de la patrie” vit sans lui plus de 20 ans.

Kharibulbul (ophrys) est en captivité Il existe beaucoup de légendes au sujet de cette fleur. L’un d’eux raconte que Kharibulbul est né de l’amour d’un rossignol (azerb. bulbul) à la fleur. “Il était une fois un rossignol qui est tombé amoureux d’une fleur. Il chantait pour elle, la soignait et la protégeait. Un jour, une abeille qui a vu la fleur, a voulu goûter sa douceur. Vu voler l’abeille vers la fleur, le rossignol l’a affronté à l’air et a été piqué par l’abeille. Mais le rossignol ne meurt pas et il devient avec l’abeille une autre fleur appelée Kharibulbul.”

Aujourd’hui le “Jardin de la patrie” a pris sa couleur du sang de nos martyres ! Il est coloré noir de robes des mariées, bleu du ciel de Lachin captivé et vert de Jidir duzu. Le “Jardin de la patrie” est plein de sang avec toutes les couleurs de la vengeance, la douleur, la souffrance et la honte. Il ya deux couleurs principales du monde qui pleurent : le jaune – la couleur du sein de Kharıbulbul et le noir – la couleur de son cœur. Kharıbulbul est mort de la honte et de nostalgie.

Les valeurs de Karabakh appartiennent non seulement à notre histoire nationale mais aussi à l’écologie nationale. Avons-nous le droit moral d’infliger de telles pertes à l’histoire ?

Sevda Sevinj

 

“KarabakhİNFO.com”

02.11.0201 12:28

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