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La chanteuse originaire du Haut-Karabakh qui lutte pour l’Azerbaïdjan en France avec sa musique

08.11.2013 | 11:04

1383893594_1378725132_t1Interview avec la chanteuse Azerbaïdjanaise vivant en France Tarana Paris Bakou (Tarana Allahverdiyeva).

 

 – Tarana, tout d’abord, présentez-vous.

– Je suis la première chanteuse Azerbaïdjanaise en France. Je suis originaire du Haut-Karabakh, plus précisément je suis née à Lachin et j’ai grandi à Choucha. J’habite en France depuis dix ans. J’ai un diplôme de journalisme et communication de la faculté de la Sorbonne. Mon objectif à travers mon métier d’artiste est de jouer un rôle de « pont » entre l’Azerbaïdjan et la France.

 

 

 

– La France est un pays où les Arméniens sont très actifs. Ce n’est pas difficile pour vous de vivre avec eux et de vous battre contre eux ?

 

– Le lobby Arménien en France est puissant. Mais peu importe, nous nous devons de faire connaître l’Azerbaïdjan et d’amener le peuple Français à s’intéresser aux réalités sur le Karabakh et à la notion d’agression que nous subissons depuis plus de vingt ans sur notre territoire. Pour ma part en tant qu’artiste, mon art est le moyen de défendre l’Azerbaïdjan, parce que la musique est un langage universel qui touche tout le monde. C’est un défi important et précieux.

 

– Avez-vous déjà subi en France un sabotage ou trouvée dans une situation dangereuse du fait d’Arméniens ?

 

– Heureusement je n’ai pas rencontré de tels problèmes.

 

-Est-ce qu’on peut comparer la force des arméniens avec la notre ?

 

La chanteuse originaire du Haut-Karabakh qui lutte pour l'Azerbaïdjan en France avec sa musique– La présence des Arméniens en France est ancienne par rapport aux Azerbaïdjanais mais depuis quelques années l’Azerbaïdjan se fait connaître en France, notamment sous l’impulsion de la première dame Madame Mehriban Aliyeva et de son excellence Elchin Amirbayov, l’ambassadeur d’Azerbaïdjan en France qui mènent avec leurs équipes un travail considérable.

 

– Est-ce que l’Azerbaïdjan exerce suffisamment une activité de lobbying ?

 

– C’est une question très difficile. Nous sommes sur la bonne voie, mais nous devons continuer sans relâche les actions que nous menons dans le plus de domaine possible. Il y a de plus en plus d’information sur l’Azerbaïdjan, mais 20% de son territoire est toujours sous occupation et près d’un million d’Azerbaïdjanais demeurent chassés de leur terre et spoliés de leur biens ; tout cela malgré la condamnation unanime de la communauté internationale de l’agression Arménienne et les résolutions de l’ONU sur l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan. Il y a donc encore beaucoup de travail à accomplir.

 

– Collaborez-vous avec la diaspora turque à propos du Karabakh ?

 

– Je peux dire que la diaspora turque participe activement à des manifestations consacrées au Karabakh.

 

– Que faites vous pour démasquer les mensonges arméniens étant originaire de Karabakh ?

 

– Je porte le Karabakh dans mon cœur dans mon sang, j’ai deux filles nées d’une union Franco-Azérie. Elles ont deux noms dans leur carte d’identité – Ouldouza Choucha et Leyli Choucha. Pour notre famille c’est comme faire vivre le nom de Karabakh. Chaque fois que nous présentons nos filles nous présentons de fait l’Azerbaïdjan et le Karabakh. Vous savez bien que la situation en France est très complexe. Il y a beaucoup de français qui ont des origines arméniennes et qui n’ont jamais été en Arménie. Ils n’ont pas de données crédibles sur le Karabakh, ils ne savent que ceux que la diaspora Arménienne active veut bien leur dire. Une minorité d’arméniens mènent une propagande avec des fausses informations sur ce conflit et leur responsabilité d’agresseur. Moi, je n’ai pas entendu parler de la guerre du Karabakh, j’en suis un témoin, une victime. J’essaie de ne donner que des informations réelles et vécues. Ma position d’artiste est une autre façon pour témoigner et amener les français à s’intéresser à cette agression.

 

La chanteuse originaire du Haut-Karabakh qui lutte pour l'Azerbaïdjan en France avec sa musique– Quand avez-vous vu Choucha pour la dernière fois ?

 

– Comme beaucoup de gens j’ai vu Choucha ma terre d’enfance pour la dernière fois il y a 21 ans. Ca fait très longtemps…

 

– Que faites-vous quand la patrie, surtout le Karabakh vous manquent ?

 

– Je vais régulièrement en Azerbaïdjan pour mon travail d’artiste mais aussi pour le plaisir de retrouver mon pays et ma famille, le reste du temps je me plonge dans la musique, ou j’écris des poèmes. De Choucha il ne me reste que des photos et le souvenir d’une pureté, d’une légèreté d’un bonheur égaré que je retrouverai un jour !

 

 

 

Fuad Husseynzada

 

“KarbakhİNFO.com”

 

08.11.2013 11:04

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