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La paix ou la guerre ?

01.10.2013 | 11:57

1380614006_b1Quels sont les objectifs de la Russie, quant elle arme le régime séparatiste arménien ?

 

Le gouvernement de l’Azerbaïdjan préfère mener les pourparlers continus afin de parvenir à un consensus dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh.  L’Arménie, au contraire, contredit en permanence cette bonne volonté par une politique agressive. En outre, elle mène une activité séparatiste au Karabakh, tout en renforçant le niveau d’armement dans la région du conflit. La déclaration sur l’armement, du ministre de la Défense du régime séparatiste Movses Akopian, la semaine dernière, nous indique que la situation est inquiètent. Lors d’une conférence de presse tenue à Khankendi, il a en effet souligné que l’armement du Karabakh se poursuit et cette procédure a été pleinement réussie durant les deux dernières années. Selon News.am, Akopian a reconnu qu’une telle quantité d’armes n’avait jamais été donnée auparavant : « Nous n’avons jamais reçu une quantité aussi énorme d’armes et de technologies». Il a ajouté que le principal problème était maintenant de trouver un emplacement pour entreposer tous ces armements et cette technologie et que pour le résoudre, ils étaient en train de construire une nouvelle base militaire.

 

 

 Akopian n’a pas voulu préciser tous les détails sur les armes achetées. Selon lui, les mois précédents, les travaux de génie civil à grande échelle autour de diversification-espionnage, ont été également réalisé. De nouveaux dispositifs de mines ont été placés sur la ligne du front.

            Evidemment, toutes ces armes ont été fournies par la Russie.  Au début de cette année, ce même média a révélé que la majorité des armes et des technologies militaires de l’Arménie avait été fournie par la Russie : BMP-3, BMP-2, voitures de lutte fantassins, des dispositifs d’artillerie, canons Qiatsint-B, les dispositifs de défense et d’attaque anti-aérienne et possessions d’ingénierie ont été livrés à l’Arménie. Cette liste d’armement est, en importance, la troisième grosse partie du cadeau russe à l’Arménie de ces 20 dernières années.

 «L’Azerbaïdjan libérera le Haut-Karabakh, quand la Russie sera effacée de la carte mondiale»

 

            L’armée de l’Azerbaïdjan est également équipée de matériels modernes. Dans la liste des armements conventionnels de l’Organisation des Nations Unies, il a été déclaré qu’au cours des années 1992-2012, l’Azerbaïdjan avait acheté 321 chars, 264 véhicules de combat, 400 systèmes d’artillerie et de roquettes 21295 et des systèmes de lancement de roquettes. Bakou a renforcé son aviation militaire et a acheté 64 avions de formation et de combat, 24 hélicoptères de combat. Il faut ajouter le fait que, dans cette liste, n’ont pas été inclus les systèmes d’artillerie de l’Azerbaïdjan, de systèmes d’incendie de propagation réactifs, appareils volants sans pilote récemment achetés à la Turquie et à Israël. En outre, les chars et les véhicules de combat qui ont été achetés en Russie selon l’accord signé en 2012, ont également été exclus de la liste.

            On peut comprendre derrière cette action du gouvernement azerbaïdjanais, la volonté que son armée nationale atteigne progressivement les standards mondiaux dans les technologies militaires alors que la localisation d’une grosse partie des armes dans les régions occupées de l’Azerbaïdjan, nous indique les intentions belliqueuses des arméniens. L’Arménie est un pays agresseur et le régime actuel de Sarkssian mène une politique d’invasion. Dans tout les cas, l’Arménie mène cette politique sous le contrôle et avec le soutien de la Russie. C’est pourquoi nous ne devrions pas parler de l’Arménie, mais plutôt des objectifs ciblés par la Russie dans ce processus d’armement. Quel est le but réel de la Russie dans l’armement du régime séparatiste arménien ?  Le politologue Vafa Goulouzada nous a déclaré  dans une interview que les informations sur l’armement ne conviennent pas à la réalité : « Au cours de ces  20 derniers années, nous entendons dire que la Russie fournit des armes et des technologies militaires à l’Arménie. Tout cela ne sont que des ragots ! Le seul objectif pour la Russie c’est d’exercer une pression sur l’Occident. L’Arménie ainsi que le régime séparatiste du Haut-Karabakh sont dans des conditions terribles.  En réalité, c’est la Russie qui a envahi nos terres et si la Russie sera effacée de la carte mondiale, l’Azerbaïdjan pourra facilement libérer le Karabakh des occupant arméniens».

 

La paix ou la guerre ?Qu’ont dit les nationalistes arméniens à Vafa Goulouzada?

 

            Selon le politologue, il est clair que c’est la Russie qui est l’initiatrice du conflit du Haut-Karabakh : « C’est la Russie qui a effectué la migration arménienne sur nos terres ainsi que l’expulsion des azerbaïdjanais de ces territoires. Le Karabakh appartient à l’Azerbaïdjan. Pour quelles raisons la Russie a créé l’autonomie des arméniens là-bas ? Les arméniens ne sont qu’un peuple pauvre et misérable. Les russes jouent avec eux comme s’ils étaient leurs marionnettes. C’est une guerre de la Russie. La Russie ne le fait pas pour la violence mais pour son intérêt impérial qu’elle veut garder sur toute la région en y exerçant une pression. Durant l’Empire tsariste en Russie, toute l’Europe avait peur du pouvoir de la Russie comme le monde entier avait peur de la Russie soviétique en raison de son équipement nucléaire. Pour toutes ces raisons, et jusqu’à l’effondrement de la Fédération de Russie, le monde sera en face d’une grande menace. Mais ce processus de l’effondrement est déjà en marche et si cela réussit, l’Arménie s’agenouillera devant l’Azerbaïdjan. Les arméniens m’ont demandé pourquoi alors je menais toutes ces négociations avec eux, puisque l’initiateur était en fait la Russie. Au cours de mes discussions avec les chefs nationalistes arméniens, ils m’ont bien fait comprendre ces réalités concernant le rôle de la Russie. Je ne veux pas révéler leurs noms. Ils m’ont précisés tout ces détails parce qu’ils m’ont fait confiance et je n’aimerais pas porter malheur à aucune de ces personnes ».

            V. Goulouzada a déclaré que la Russie avait peur des Etats-Unis : « La Russie est plus faible que les Etats-Unis et c’est pour cette raison qu’elle n’est pas en mesure d’affecter les intérêts des USA dans notre région. Mais la Russie vend des armes, mène des négociations cependant que les arméniens ne sont pas en mesure d’utiliser toutes ces armes ».

            Il a souligné qu’il n’y a aucune probabilité de guerre dans la région : « La Russie est l’instigatrice de la violation du cessez-le-feu entre nos pays. Nous avons été d’accord pour retirer les tireurs d’élite de la ligne du front et le cessez-le-feu n’a pas été violé durant cette période. A la veille de la fusillade du Parlement arménien, l’Azerbaïdjan et l’Arménie étaient prêts à signer un accord de paix préférentiel. Par conséquent, le cessez-le-feu n’a pas été brisé, ce qui commençait déjà à perturber la Russie.  Le Parlement d’Arménie a été le théâtre d’une fusillade et le conflit du Haut-Karabakh a été exclu du sommet d’Istanbul et juste après le cessez-le feu a été violé ».

            D’après ce politologue, l’Iran n’est pas en mesure de faire quoi que ce soit au Karabakh. « La Russie ne le permettra pas.  Les États-Unis ne peuvent pas non plus faire tout ce qu’ils veulent dans la région car actuellement, les Etats-Unis sont occupés sur d’autres questions concernant la Russie et la Chine. Ce conflit n’est plus entre nos mains. En permanence, nous devons être prêts à la guerre car on il est toujours possible qu’ils puissent attaquer à nouveau nos territoires. Cependant, théoriquement, on ne s’attend pas à cela. Actuellement, nous sommes ni en guerre, ni en paix ».

« Tout le monde sait que la guerre ainsi bien que la paix dans la région sont vulnérable »

 

        La paix ou la guerre ?    Zahid Oroudj, membre du Parlement azerbaidjanais a déclaré que les armes du Haut-Karabakh ont déjoué tous les contingentements internationaux : « A plusieurs reprises, notre pays a exprimé ses mécontentements et ses protestations à ce sujet. Mais l’Arménie a choisi le Karabakh pour échapper aux enquêtes des inspecteurs. Toutes les armes achetées par les moyens légaux ou fraduleux se trouvent au Karabakh. Le régime militariste a essayé de prouver qu’ils coopèrent avec les instants internationaux. D’un autre coté, ils ne sont pas en mesure de rivaliser avec l’Azerbaïdjan car leurs ressources générales sont d’environ 178 millions de dollars ce qui est insuffisant pour réaliser les travaux nécessaires d’aménagement et assurer les besoins sociaux de la population.  Ainsi, leurs revendications pour une armée de 40 mille soldats semblent irréalisables. Mais si nous évoquons les autres ressources, comme des donations, nous pouvons dire que les arméniens, à n’en pas douter, ont réalisé un vrai travail d’armement dans la région : ce sont eux-mêmes qui ont initié une concurrence des armes. L’objectif de l’Azerbaïdjan n’était pas de concentrer autant d’armes dans la région car nous avons nos propres problèmes sociaux, éducatifs et sanitaires, qui demandent de l’argent. C’est donc bien l’Arménie et non pas l’Azerbaïdjan qui a initié cette politique militariste dans la région».

            Cette politique militariste n’a pas pour seul but l’auto-défense, car le Haut-Karabakh est “hors contrôle” ajoute Z. Oroudj: « Il est trop difficile de réaliser des enquêtes là-bas.  La position géographique du Karabakh fait de ces territoires une cible directe pour l’Azerbaïdjan qui possède des armes et les technologies modernes.  Ce régime séparatiste ne pourrait pas prendre l’avantage sur l’Azerbaïdjan en cas de guerre. À mon avis, le choix de l’Arménie d’utiliser le Karabakh comme un mur de protection met en danger le destin des ses habitants. En s’éloignant de la paix, c’est l’Arménie qui va perdre ».

            Il pense que l’Occident et les organisations internationales ont intérêt à résoudre le conflit du Karabakh : «Dans les années 90, les organisations internationales s’étaient intéressées aux ravages causés par le conflit dans la région, ainsi qu’à sa dépendance vis-à-vis des forces étrangères. Aujourd’hui, ils s’intéressent d’avantage à la sauvegarde du statu quo dans ce secteur afin de préserver la sécurité des projets transnationaux, d’y impliquer l’Azerbaïdjan et d’utiliser son pouvoir dans d’autres projets. Ainsi, dans les conditions actuelles, la paix profite d’avantage à tout le monde. Selon des stratégies géopolitiques une des parties peut vouloir une guerre à l’échelle locale. Par exemple, au cours de la visite de Madame Clinton dans la région, les provocations arméniennes ont été jugées comme une tentative contre la paix et que cela ne servait les intérêts ni de la Russie ni les Etats-Unis. Aujourd’hui, l’équilibre est protégé mais les conditions restent vulnérables. Tout le monde sait donc bien que la guerre comme la paix dans la région restent vulnérables ».

 « S’il n’y a pas de progrès dans les négociations, les parties recommenceront objectivement à s’armer »

 

            Le président du Centre Recherches « Atlas », Elkhan Shahinoghlu, lors d’un entretien nous a déclaré que les deux pays, l’Azerbaïdjan et l’Arménie, achetaient aujourd’hui des armes. Selon lui, aucun de ces Etats ne respectent les conditions de l’accord : « L’Arménie a perturbé cet accord en entreposant ses achats dans le Haut-Karabagh.  D’un coté, on parle de paix et de l’autre on continue à acheter des armes. Cela nous démontre concrètement que les négociations de paix n’ont pas apporté de progrès. Je veux dire le plan de paix reste toujours sur la table. Les Coprésidents de l’OSCE n’ont également rien fait pour faciliter les pourparlers.S’il n’y a pas de progrès dans les négociations, les parties ont objectivement recommencé à s’armer.  Et pour cela, la situation dans la région sous tension».

            A son avis, la Russie ne veut pas que l’Azerbaïdjan dépasse l’Arménie dans cette concurrence des armements : «L’Azerbaïdjan dépense des milliards de dollars pour les armes alors que l’Arménie ne possède pas un tel budget. Par conséquent, la Russie donne ses propres armes à l’Arménie. Si la Russie arrête de soutenir l’Arménie, ce conflit peut être facilement résolu, ce qui profiterait à l’’Arménie, car dès la résolution du conflit, des lignes de communication seraient ouvertes ; l’Arménie sera impliquée dans de nombreux projets et ses relations avec la Turquie et l’Azerbaïdjan seraient normalisées. Mais tout cela, ne coïncide pas avec les intérêts russes car la Russie ne veut pas perdre l’Arménie.  Alors, la Russie intensifie ses pressions sur la région et entrave toute solution légitime de ce conflit du Haut-Karabakh ».

          La paix ou la guerre ?  E. Shahinoghlu a ajouté que les pays occidentaux n’étaient pas intéressés par la guerre dans cette région : « Mais nous pouvons parler de sabotage russe.  La Russie soutient la politique arménienne dans la région. Je ne pense pas que la guerre apportera des avantages à la Russie. La guerre avec le voisin du Daghestan a été très douloureuse également pour la Russie. Dans le cas d’une guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, certaines forces en Russie et en Iran créeraient et effectueraient intimidations et menaces contre nous. Pour cette raison, je pense qu’on ne peut pas prévoir les résultats d’une guerre.  Elle peut accroitre les risques contre notre pays. L’Azerbaïdjan n’aurait pas seulement à lutter contre l’Arménie. Comme dans les années 90, nous allons nous battre contre l’alliance militaire russo-arménienne. Et concernant les violations de la ligne de front, elles ont encore eu lieu, et c’est une réalité qui reste toujours d’actualité».

Fouad Husseynzada

“KarabakhİNFO.com”

01.10.2013 11:57

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