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Le protocole de Bichkek – un cessez-le-feu qui dure depuis 20 ans

07.04.2014 | 10:17

1396851112_1395920501_492969_600En mai 2014, c’était le 20ème anniversaire du cessez-le-feu, signé grâce à la médiation effectuée par laRussie. Cela avait pour but d’empêcher temporairement l’occupation desterritoires azerbaïdjanaises par l’Arménie. Environ 50 000 personnes sont mortes à cause del’occupation.Les sept autres districts, qui sont hors de la région du Haut-Karabakh, ont égalementété occupés par les forces armées de l’Arménie. Ce paysla (bien quil nie son implicationdans le conflit et se présente comme la partie prenante)  a prouvé sa contribution à la guerre en signant le cessez-le-feu.

Tout d’abord, d’après moi, le ‘protocole de Bichkek’ a un caractère symbolique et joue un rôle de ‘consolation’. Afin de me justifierje vais vous transmettre ce qui est sorti  de la plume de Vladimir Kazimirov, l’ancien co-président russe du Groupe de Minsk de l’OSCE et le médiateur qui a participé à la signature du protocole. Il révèle mémoires que ce document est sans objectivité et  sans contrainte juridique: « Comme cet accord n’avait pas un caractère, ainsi qu’un contrainte juridique, il était une sorte d’appel politique ou une incitation à la paix. C’est pour cela que les modifications exigées par l’Azerbaïdjan ne jouaient pas un rôle important. Néanmoins, Bakou acceptait seulement de signer les documents reflétant ses demandes».

 

Le protocole de Bichkek – un cessez-le-feu qui dure depuis 20 ans Cela me permet de dire que le protocole de Bichkek peut simplement être considéré comme une formalité. L’objectif principal de l’accord était d’arrêter temporairement la guerre. Les régions ont été occupées. Certains déclarent que ces régions étaient concédées par nous-mêmes, mais cela ne reflète pas la vérité. A cette époque, Tourgout Er, le célèbre politicien turc, écrit en commentant les processus politiques concernant le cessez-le-feu et le protocole de Bichkek : «En effet, ce document, reconnu comme le protocole de Bichkek, a été signé à Bakou, pas à Bichkek».

A cette époque, Afiyeddin Jalilov a été chargé de signer le protocole de Bichkek. Pour être plus  précis, on avait prévu de signer le document le 5 mai 1994, à Bichkek. Celui-ci a du être signé par le vice-président du Milli Mejlis ( l’Assemblée nationale – le parlement azerbaïdjanais) Afiyeddin Jalilov , le président de l’Assemblée nationale arménienne Babken Ararktsyan, le membre de la communauté arménienne du Haut-Karabakh, à ces jours-là présenté comme le président du parlement de la Républiquesoi-disant, du ‘Haut-Karabakh’ Karen Baburyan, le président de l’Assemblée interparlementaire des pays de la Communauté des États indépendants (CEI) Vladimir Choumeiko, le président du Soviet suprême du Kirghizistan Medetkan Cherimkoulov, le représentant plénipotentiaire du Président de la Fédération de Russie, le chef de la mission de médiation russe Vladimir Kazimirov et le chef du secrétariat du Conseil de l’Assemblée interparlementaire de la CEI Mikhail Krotov.

Le protocole de Bichkek – un cessez-le-feu qui dure depuis 20 ans Dans le protocole proposé à signer, Bakou a été informé que le cessez-le-feu ne sera qu‘entrel’Azerbaïdjan et l’ Arménie. A cette époque, Vladimir Kazimirov, le représentant de la Russie dans ce processus et le co-président du Groupe de Minsk de l’OSCE, avait ajouté le nom de la soi-disant  «République du Haut-Karabakh ». Comme si l’une des parties signant l’accord était la soi-disant  «République du Haut-Karabakh ». On voulait présenter celle-ci en tant qu’une partie aux négociations. Après avoir vu la situation, Afiyeddin Jalilov a directement appelé Haydar Aliyev de Bichkek afin de lui en informer. Haydar Aliyev lui a commandé de revenir en Azerbaïdjan cette nuit-là. Afiyeddin Jalilov est parti sans signer le protocole.

Après qu’Afiyeddin Jalilov ait quitté Bichkek, Kazimirov, le co-président de la Russie au Groupe de Minsk, est immédiatement venu a Bakou pour corriger sa faute. Lors de la réunion à Bakou, Haydar Aliyev exige le retrait immédiat de la déclaration «la République du Haut-Karabakh». Kazimirov ne s’oppose pas à la proposition de signer le cessez-le-feu après avoir ajouté les mots « représentants de la communauté arménienne et azerbaïdjanaise ». Il a été décidé de retirer les mots « la République du Haut-Karabakh » des 3 copies du document, préparées en azerbaïdjanais, arménien et russe, suite à l’insistance du Président de l’Azerbaïdjan et d’ajouter la déclaration « la communauté arménienne et azerbaïdjanaise ». Après cela, les trois copies du protocole ont été élaborées avec la participation d’experts . Je me souviens après l’insistance d’Haydar Aliyev Kazimirov, le document corrigé avait un rigueur juridique.” L’Azerbaïdjan a signé le document suite à deux modifications. Dans le paragraphe 5 du protocole de Bichkek la déclaration «les territoires obtenus » a été remplacés par « les territoires conquis » et il est également souligné que les observateurs , placés aux frontières après le cessez-le-feu, auront « la mission des observateurs internationaux ».

Le protocole de Bichkek – un cessez-le-feu qui dure depuis 20 ans A cette époque ,en Azerbaïdjan, on menait des actions pour faire admettre l’importance du protocole à l’opinion publique. La presse russe, en particulier le ‘Nezavisimaya Gazeta”, “Novoye vremya “, “Mockovskie Novosti”, “Vremya Novostey” et “Komsomolskaya Pravda”,mettait l’accent sur la signature du protocole de Bichkek et sur le fait que l’Azerbaïdjan ne pouvait pas se raidir aux articles du document. La presse arménienne parfois parlait de l’adhésion de la République du soi-disant ‘Haut-Karabakh’ à l’Arménie, parfois tentait de la présenter comme une république indépendante. La majorité des articles consacrés à ce sujet analysaient les travaux futurs de la CSCE, de l’OSCE et son Groupe de Minsk, et également écrivaient  sur un grand espoir envers ces institutions. La presse azerbaïdjanaise d’un coté croyait en le Groupe de Minsk, d’un autre coté elle soulignait son aspect trivial.

Le protocole de Bichkek a été signé le 4 mai en 1994 par la partie de l’Azerbaïdjan. Le document a été signé par Rassoul Gouliyev, le président du Soviet suprême, Nizami Bahmanov, le chef de la préfecture de Choucha, ainsi que le représentant de la communauté azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh, et du coté arménien par Babken Araksian , le président du Parlement arménien, également par Karen Baburian, représentant de la communauté arménienne du Haut-Karabakh et « le président du parlement du Haut-Karabakh ». Le processus de signature s’est déroulé de cette manièred’une part, la signature c’est déroulé en la présence de Kazimirov Rassoul Gouliyev  qui a lui-même écris le nom de N.Bahmanov dans le document , mais aussi réservé de la place pour sa signature, puis ajouté deux modifications au texte et puis encore signé sous le nom d’A.Jalilov. D’autre part, après que l’on ait commencé à chercher Bahmanov, on s’est rendu compte qu’il n’était pas à Bakou ce jour-là. En effet, le 5 mai Kazimirov prend la copie du protocole, signé par les 6 participants à Bichkek, notamment par Rassoul Gouliyev et modifié personnellement par celui-ci, et part à Moscou sans attendre Bahmanov.

Le document est entré en vigueur le 12 mai 1994.

Le document, signé par les 6 des 7 participants de la réunion, a été envoyé à Moscou, puis la version originale y a été transmise. On estime que la version originale du document est actuellement conservée dans les archives du ministère des Affaires étrangères de Russie.

Le protocole de Bichkek – un cessez-le-feu qui dure depuis 20 ans Il convient de remarquer que, selon ce document, les parties devrait bientôt signer « l’accord de La Grande Paix » grâce à l’aide de la médiation internationale. D’après le protocole de Bichkek, le cessez-le-feu devait être accompagné par de véritables initiatives de paix. Cet accord de paixcontenait l’évacuation des territoires occupés «dans les jours très proches », la restauration de la communication et le retour des gens expulsés. «Ces jours très proches » ont été remplacés au début par les mois, puis par les années. Cependant, les mécanismes du protocole de Bichkek pour mettre en oeuvre les dispositions n’ont pas pu se justifier. La performance inefficace de l’OSCE, la position unilatérale de la Russie, les influences du lobby arménien en France et aux Etats-Unis favorisent la prolongation de la garde des territoires occupés sous le contrôle arménien. Le groupe de Minsk est chargé de tous les phénomènes : de l’établissement de la paix jusqu’à la protection du cessez-le-feu. Celui-ci, soit  il est incapable, soit il n’a pas envie de résoudre ce problème.

En outre, malgré l’accord du cessez-le-feu, le feu n’est pas vraiment cessé.

Ainsi, c’est le facteur qui stimule l’Azerbaïdjan de choisir une nouvelle stratégie.

Zaour Aliyev

Collaborateur de l’Academie nationale de sciences de l’Azerbaidjan

Directeur du centre de recherche scientifique du lobby et diaspore

Doctorat en science politique

 

“Karabakhinfo.com”

07.04.2014 10:17

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