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Les arméniens lors de la puissance ottomane

21.04.2014 | 16:13

1399362126_1396593599_ermeniler-osmanli-hakimiyyeti-dovrundeEn 1324, Boursa est devenue le centre des ottomans et les arméniens installés autour de Kutahya et Eskishehir ont commencé à s’y déplacer. Le chef ecclésiastique (patriarche) arménien était également parmi ces arméniens. Tandis qu’il occupe Istanbul (le 29 mai 1453), Fatih Soultan Mehmet se déclare comme le seul héritier légitime de l’Empire romain. Georgios Trapezuntios, historien grec, s’est adressé à Fatih : « Personne n’en doute que vous êtes l’empereur de Rome. Celui qui détient juridiquement le centre de l’empire, est également l’empereur. Le centre de l’Empire romain est Constantinople » (52). Ainsi, avant la conquête Fatih Sultan Mehmet a dit lors d’un discours long et historique à l’occasion d’une réunion supérieure au Palais d’Edirné (53) : « Les turcs sont obligés de compléter leur devoir historique et démontrer qu’ils sont successeurs digne de leurs pères… » En effet, les turcs auront mérité d’être héritiers de Byzance.

Après que Fatih Soultan Mehmet occupe Istanbul et mette fin à la domination dégradée de Byzance, les arméniens n’ont pas été privés de la liberté de conscience et de l’indépendance religieuse comme les grecs. Avant d’entrer sous la domination ottomane, les arméniens ne se sont jamais organisés ni politiquement, ni économiquement. Les pays dominants les avaient exploité comme des esclaves, ne leur avaient donné aucun droit, les avaient gardés sous la pression afin de les assimiler et qu’ils adhérent de manière politique et religieuse. Après la conquête d’Istanbul, Fatih Soultan Mehmet a sauvé les arméniens de cette situation, il leur a donné plusieurs droits, et les a pris sous son protectorat. Il a également accordé la liberté religieuse aux arméniens, ainsi Sultan a appelé Hovakim, le chef ecclésiastique de Boursa, à Istanbul pour qu’il crée le Patriarcat arménien. Il l’a également intitulé ‘le Patriarche de tous les arméniens en Turquie’ et Hovakim est devenu responsable de la gestion des affaires religieuses de toutes les sectes chrétiennes, sauf l’Eglise orthodoxe grecque. Les patriarches arméniens et grecs étaient responsable des affaires sociales et religieuses de leurs communautés, géraient la propriété de ces communautés et collectaient les recettes. Les arméniens n’ont jamais réussi à créer une organisation sociale ou politique. Toutefois, ils sont parvenus à protéger leur liberté de religion et de conscience, ainsi leur patrimoine national-culturel existe encore grâce à la tolérance de l’Islam. Ils ont assimilé les coutumes turques sous la puissance ottomane. Lorsque l’empire ottoman était puissant, les arméniens n’avaient pas de possibilité de se révolter et de trahir, donc on les considérait comme des personnes fidèles. Leur nombre augmentait très rapidement, puisqu’ils n’étaient pas engagés dans le service militaire. Ils ont avancé dans le domaine de l’art et du commerce grâce à la donation de la liberté de l’empire Turc-musulman. Ils sont devenus les propriétaires des terres les plus fertiles d’Anatolie et ont commencé à diriger l’art et le commerce de l’Empire ottoman. Lors de l’effondrement de l’Empire ottoman, les arméniens ont raconté à la Russie, à leur mécène,qu’ils étaient très libres et heureux en Turquie. L’historien arménien Vartan a dit : « Les turco-arméniens sont beaucoup plus cultivés dans la culture, la langue, l’histoire et la littérature arménienne par rapport aux russes-arméniens. Au début du XIX siècle, on ne connaissait pas l’ethnie arménienne comme une nation en Europe. Ils étaient connus comme les marchands dispersés sur la Terre, les personnes qui s’intéressent seulement à leur propre intérêt. Ainsi, comme les juifs, une ethnie errante sans patrie et nationalité ».

A cette époque, les arméniens ont eu le droit exceptionnel dans le domaine social et politique, et également la liberté de penser, de religion et de langue comme un citoyen quelconque de l’Empire ottoman et continuaient à vivre (54). En effet, la première fois c’est le Sultan Orkhan (1326-1362) qui a autorisé aux arméniens de créer une organisation séparée en Anatolie afin de se défendre contre Byzance. Pourtant, les arméniens n’ont pas réussi à protéger leurs ambitions nationales, puisqu’ils étaient divisés en sectes. Par conséquent, au début du XIX siècle, la société arménienne qui a été assimilée et est devenue turcophone, était appelée le ‘Sadika National’ (55). Après le décret de réforme de 1856, on a attribué les postes d’inspection générale, d’ambassade et même de ministère aux arméniens (56).
Au départ, les clergés arméniens ne s’intéressaient pas aux affaires politiques, mais au fur et à mesure, ils ont commencé à jouer un rôle très important dans la vie politique. Les clergés arméniens comme les comités arméniens qui fonctionnaient dans l’Empire ottoman et réalisaient différents actes pour la faveur des états étrangers, ont joué un rôle important dans l’apparition du ‘cas’ arménien.

L’administration ottomane leur avait accordé des droits tellement privilégiés que le patriarche arménien licenciait les chefs ecclésiastiques par sa volonté, privait les prêtres de la prêtrise, prenait les décisions sur les rituels religieux, gérait les affaires de mariage.

En résumé, les arméniens de la Turquie avaient une vie très heureuse. La seule chose qui perturbait leur vie heureuse et tranquille sous la puissance ottomane était les querelles sectaires. En 1701, certains arméniens ont commencé à avoir tendance à la papauté, à l’Eglise catholique. Cela a favorisé les querelles, même les batailles entre les arméniens. Au fur et à mesure, les querelles religieuses ont causé l’intervention des étrangers dans les affaires intérieures des ottomans. Donc, les querelles religieuses entre les arméniens ont pris la forme d’interventions dans les affaires intérieures de l’état. En 1830, lorsque l’Empire ottoman s’est préoccupé des complexes questions intérieures et extérieures, les français ont commencé à protéger les arméniens catholiques et donc, à intervenir dans les affaires intérieures de l’état. L’Empire ottoman s’est rendu compte de la nécessité de redresser la question arménienne pour empêcher les actes des français. Ainsi, pour la première fois les états étrangers sont intervenus dans les affaires intérieures de l’Empire ottoman à cause des arméniens.

L’empire Ottoman a du faire face à de nouveaux complots soutenus par la pression de la politique croisée qui était depuis longtemps menée par les européens. Les arméniens voulaient profiter de la situation compliquée de l’état comme les autres minorités. L’historien arménien Vartan évoque : « L’administration turque était perturbée. Les arméniens dégourdis et cultivés ne pouvaient pas rester indifférents à l’émergence de leur nation. Lorsque le catholicos du Caucase Nerses et d’autres chefs religieux combattaient contre les perses, les arméniens ont voulu tirer profit de l’héritage turque. Ils voulaient libérer les grecs, leurs voisins de mille ans, de la domination turque. Cependant, ils n’ont pas su le faire de manière courageuse». Avec ces mots-là, Vartanyan a bien mis en évidence que les arméniens avaient désiré tirer profit des nuages noirs sur l’Empire ottoman.

Les arméniens qui étaient l’une des présences fidèle à l’Empire ottoman sont soudainement devenus des rebelles et durant une période ils ont vivement maintenu leur position. Ce phénomène doit faire penser les historiens et politiciens. Avant que la Russie ait provoqué les minorités à se révolter contre l’Empire ottoman, il n’existait pas un cas arménien dans les relations ethniques. Vers la fin du XVIII siècle, le voyageur polonais Mikocha (57) a décrit la situation des arméniens vivant dans l’Empire ottoman:

« Les arméniens sont beaucoup plus respectés par rapport à une autre nation quelconque. Ils avaient davantage de liberté que les grecs ». Mikocha explique que les arméniens ont totalement oublié comment ils étaient traités avant : « Ils ne se rendent absolument pas compte de quelle manière ils vivaient dans le passé… En effet, ils ne sont pas capables d’élaborer un plan de sabotage. Lorsque on leur a dit que l’effondrement de l’Empire était proche, ils étaient ravis ». Migirdic Dadian, un leader arménien, a également remercié l’administration ottomane dans son travail de recherche qu’il a écrit en 1867. Dans sa recherche Migirdic Dadian décrit la société arménien de la première partie du XIX siècle et ne laisse aucun doute sur le fait que le développement social des turco-arméniens dans une liberté totale n’était pas empêché par l’Empire ottoman (58). Donc, cela ne reflète pas la vérité historique que lors de centaines d’années sous la puissance ottomane, les arméniens ont été persécutés, broyés et laissés sans protection. D’un autre côté, les assertions arméniennes ne sont pas justifiées puisque à cette époque, la documentation était peu développée. Par conséquent, les propagandes arméniennes sont le produit de diffamations et n’ont aucune référence.

Les gens qui rêvaient de l’indépendance à cette époque, étaient les victimes du patriarche arménien et des clergés, ainsi que de la propagande française. En 1839, l’Empire ottoman a adopté le décret de réforme afin de se défendre de la pression des pays européens, notamment celle de la Russie. D’un côté, on approuve la faveur que la réforme a apporté, d’un autre côté, il y en a qui pensent que cette réforme a préparé l’effondrement de l’Empire ottoman. C’est pourquoi, il convient de noter les opinions d’Ismail Hami Danichmend, l’auteur qui a recherché l’histoire chronologique de l’Empire ottoman : « Le décret de Gulhane avait une valeur précieuse en terme d’innovation et de démocratie. Cependant, il ne faut pas négliger son impact dangereux à l’intérieure de l’Etat. Dans tous les Empires, il y a seulement une nationalité puissante. Les allemands dans l’Empire autrichien, les russes dans le Tsariste de Moscou, les anglais dans les sociétés anglaises et les anglo-saxons aux États-Unis ont la puissance. L’existence de ces états est liée à leur domination. Dans ce contexte, l’Empire ottoman est exceptionnel. 540 années sont passées depuis la déclaration d’indépendance d’Osman Gazi (1299) jusqu’à la réforme de 1839 et lors de cette période, il n’existe pas de nation dominante. Il y a une communauté puissante. La domination d’égalité islamique dans le gouvernement est réussie grâce à l’épée. À cette époque, les nations défaites comme bosniaques, romains, citaks et d’autres nations possédaient le même droit que les turcs, le vrai détenteur de l’état, et formaient juridiquement une communauté commune. L’administration de la dynastie turque et la langue officielle sont les seules indices turcs de l’Empire ottoman. Dans ce contexte, l’effondrement de l’administration islamique a rendu les citoyens mécontent, les musulmans se sont attristés, les non-musulmans étaient ravis ».

Le célèbre historien, Abdurrahman Cheref bey évoque : «Les grades et les postes gouvernementaux sont devenus accessibles aux non-musulmans. On ne tenait plus en compte le témoignage des musulmans. Les non-musulmans ont été chargés de juger les musulmans. Ceux-ci étaient obligés de partager leurs biens avec les non-musulmans. D’un autre côté, les non-musulmans sont parvenus au progrès et à la prospérité grâce au commerce et au prêt d’argent. Cela a suscité le désir de multiplier leur richesse.

Les arméniens qui ont subi la persécution à l’étranger, particulièrement en Russie, se sont réfugiés sous la protection de l’Empire ottoman et ont sauvé leurs vies, ainsi ils se sont installés en Anatolie et sont devenus riches. Donc, la confiance de l’Empire ottoman envers les arméniens a duré jusqu’à la fin du XIX siècle. À partir de cette date, les comités arméniens sont devenus un outil dans les mains des forces étrangères qui visaient à tirer profit de la situation politique de l’Empire ottoman. Les cerveaux des arméniens ont été lavés par les idées de liberté et par leur volonté, l’idée du ‘cas’ arménien a été lancée. Par conséquent, la confiance de l’Etat envers les arméniens était secouée, et cela constituait un danger pour la sécurité des ottomans.

Bakhtiyar Adiloglou
“KarabakhİNFO.com”

21.04.2014 16:13

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