Français

L’héro qui n’as pas lâché son drapeau !

27.09.2013 | 16:43

1380285742_bayraq1Il existe beaucoup de témoignages comme des images, des  photos, des peintures exprimant les horreurs de la guerre mais parmi eux il y en a une que vous raconte l’histoire d’un héroïsme, l’histoire d’un amour pour sa patrie, l’histoire d’un héros qui est tombé dans la bataille pour son drapeau !

Une seule photo témoigne de cette histoire de héro, celle de Natig Gassimov. Un journaliste russe, sans le faire exprès, a photographié le grand courage de Natig Gassimov devant l’ennemi. Ce soldat porte le drapeau dans l’accompagnement des arméniennes. 

Cette image a été prise de l’article de Constantine Smirnof « La peur » publié en avril de 1992  (№ 14-15)  dans le magazine le plus connu de l’Union Soviétique « Ogoniok ». Le texte de l’article a été accompagné  par l’image pris par le photoreporter italien Eneriqué Sarzi qui fait le témoignage de Natig Gassimov fier, qui marche après les batailles sanglantes, parmi les deux arméniennes avec le drapeau national tricolor.

Les Arméniens ont été très déçus d’apprendre que pendant cinq jours ils s’étaient battus dans une église avec un seul soldat.

L’héroïsme de Natiq s’est répandu partout, par le bouche à oreille et le magazine « Ogoniok » a joué un rôle irremplaçable dans le témoignage de ce fait héroïque dans l’e-URSS.

Malgré l’existence des chauvinistes arméniens comme Alikhanyan-Bonner et  V. Korotich dans la comité  de rédaction   de « Ogoniok », le reporter photo K. Smirnof  a décrit le courage et l’héroïsme  devant l’ennemi du soldat turc, Natig Gassimov, égale à l’héroïsme de Mehdi Husseinzadeh, héro national de l’URSS, que l’on ne connaissait qu’à travers les romans et les films. En même temps dans l’article le fanatisme arménien se manifeste.

Faisons connaissance !

 

Nous ne pouvons pas traiter son histoire ni dans le passé ni au présent car à la suite de cette image légendaire de lui il n’y a plus eu d’information sur lui jusqu’à aujourd’hui.

Natig Gassimov est né le 2 janvier en 1971 à Gadabay, dans le village Kichik Qaramouradli. Plus tard sa famille a déménagé à Mingacheour .

Après avoir terminé l’école de la centrale électrique d’Azerbaïdjan, il travaille comme projectionniste au cinéma “Kosmos”. Il passe son  service militaire dans les troupes internes à Krasnoyarsk, en Russie. Vingt jours après sa sortie de l’armée en 1991, Natiq qui vivait avec ses parents s’est engagé bénévolement pour la défense de sa patrie très chère à son cœur. Ainsi il participe aux différentes batailles à Agdam-Khankendi au sein du bataillon «Karabakh faucons»  en gagnant avec sa gentillesse et son courage le respect et la sympathie de ses amis.

La tragédie de Khodjali devient le début d’une période très importante de  la vie de Natiq car après son retour du front il ne peut pas trouver sa place. Une lettre adressé par lui à ces parents nous témoigne ces troubles. Voici ce que son père Selim nous raconte : «Dans la lettre qu’on a trouvée dans la maison juste quelques jours après le génocide de Khodjaly on a appris que Natiq a rejoint «Karabakh faucons» dirigé par Yagoub  Rzayev.  Il nous écrivait dans ces lettres suivantes qu’il ne pouvait plus rester sans rien faire vu le massacre de la population civile.

Au début du mois de mars en 1992 un groupe composé de 31 personnes au sein du bataillon de «Karabakh faucons»  a reçu l’ordre d’occuper une hauteur d’un importance stratégique près du village Khramort de ville Agdam.  Mission effectuée, la hauteur prise. Les Faucons s’installent dans l’ancienne église albane. Le commandant ainsi que les soldats sont tombés pendant cette bataille et quelques soldats sont retournés au bataillon.  Dans l’église il ne reste que Natiq et encore six soldats. L’aide qu’ils attendaient ne vient pas. Pendant ce temps là, les Arméniens  tentent de prendre cet hauteur stratégique avec les attaques régulières. (les tentatives des Arméniens  pour capturer la hauteur restent vains pendant deux jours.  Chaque fois avec les pertes l’ennemi est obligé de capituler. Ayant touts ses amis morts, Natiq se retrouve dans la position  extrêmement favorable et continue à se battre tout seul.  Les Arméniens qui pensaient que l’église est défendue par un bataillon entier se décident  d’envoyer à la hauteur les prisonniers de Khodjaly pour transmettre le message si les combattants continueront de se défendre tous les habitants de Khodjaly seront massacrés. L’envoyé est le directeur de l’école à Khodjaly Jafar Jafarov.L’héro qui n’as pas lâché son drapeau !

“Je ne peux pas quitter mon poste et mon drapeau”

 

Il faut noter que Jafar Jafarov pris en l’otage le 26 février 1992 est l’une  des  dernières personnes à avoir vu Natig en vie. Dans ses mémoires il nous raconte : «Vos soldats turcs ont occupé notre église en tuant beaucoup de soldats arméniens.  Nous ne voulons plus de pertes. On m’a amené dans une forêt où l’on apercevait  les ruines  sur lesquelles flottait le drapeau tricolore.  Je devrais transmettre le message qu’ils sont dans le piège, et les convaincre de  se capituler pour qu’ils me laissent partir avec les autres vingt prisonniers. Sinon on allait faire exploser l’église et tuer tout le monde».

  «Les Arméniens cachés cents mètres loin dans les rochers m’ont obligé à avancer vers l’église Albane et quand je suis arrivé aux ruines j’ai aperçu 3-4 cadavres. J’ai reconnu tout de suite les nôtres. L’église se perdait dans la fumée. Je me suis penché au mur froid de l’église et j’ai regardé vers le haut. Le drapeau tricolore volait dans la nuit lentement. Et j’ai pleuré. En arrivant à l’entrée de l’église j’ai dit « qui est à l’intérieur, je suis un des prisonniers de Khodjaly, j’ai été envoyé par les ennemis ». Peu de temps après,  j’ai entendu un bruit de toux. J’étais troublé ainsi que content d’avoir ici un des nôtres. Une voix à peine audible m’appelait de l’intérieur. J’ai avancé dans l’ombre en mettant mes mains sur les murs vers cette voix. Sous la lumière de la fenêtre j’ai vu une main armée ainsi que beaucoup de balles. Lui-même, il s’était allongé par terre. Je me suis approché de lui pour lui demander s’il était blessé. Il a pu répondre qu’il n’était pas blessé mais il voulait boire. Je n’avais que quelques morceaux de pain sec et Natig a pu manger à peine. Je l’ai interrogé sur ses amis et il a répondu qu’il était envoyé par son commandant avec les six soldats dont les trois étaient tombés dans la bataille et  dont le destin des trois autres est resté inconnu. Il a dit qu’il  est tout seul ces cinq derniers jours.

J’ai demandé pourquoi il ne s’était pas enfui mais il a répondu qu’il avait promis au commandant de surveiller son poste ainsi que le drapeau, et qu’il attendait l’aide qui n’arrivait pas.

J’ai transmis à Natiq le message des Arméniens. Il a dit qu’il ne lui restait que deux balles mais qu’il continuerait à se battre jusqu’à son dernier souffle. Je lui ai demandé de me tuer lui-même car je ne voulais pas mourir dans les mains des ennemis. Après avoir réfléchi un instant il m’a dit comment est-ce que je peux permettre la mort de vingt personnes à cause de moi. Il a tiré en l’air en appelant des arméniens de venir le prendre. Au début les arméniens hésitait mais dès qu’ils m’ont vu ils et ils ont commencé à fouiller dans ces vêtements.  Ils ne pouvaient pas croire qu’il se battait tout seul pendant ces cinq jours. Les Arméniens ont tiré pendant un moment à l’église  et quand ils ont compris qu’il n’y avait personne d’autre ils se sont mis en colère. Quand Natiq avançait parmi des soldats arméniens avec son drapeau les journalistes étrangers ont photographié cette image légendaire.  C’est après que j’ai su cette photo avait été publiée dans le magazine « Ogoniok ». Les militaires arméniens nous ont amené à la tour de l’Asgaran. J’étais gardé dans la prison de la police alors que Natiq a été amené à l’appartement du commandant. Depuis je n’ai jamais revu Natig. Le 14 mars en 1992 21 prisonniers et moi-même avons été échangés au cimetière près de la ville d’Agdam ».

“Il est resté affamé et assoiffé pendant 5 jours dans l’église où il a planté notre drapeau”

 

«… Bientôt, nous sommes parti de Stepanakert en direction de l’Asgaran. On entendait souvent des coups de feu. Mais on n’a pas réussi  àarriver jusqu’à Asgaran car on a rencontré sur la route des Arméniens armés, sans doute sur une « mission ». Selon l’information donnée par eux, dans les montagnes, un village a été occupé par les azerbaidjanais. Malgré que les troupes arméniennes ont réussi à les faire partir dans un ancienne église grégorienne (église albanaise, Haut Karabakh) il restait un groupe de combattants azerbaidjanais. Ces Arméniens armés partaient pour libérer cette église. Personne ne savait le nombre exact du groupe occupé l’église mais les Arméniens déjà ont perdu deux soldats malgré qu’ils utilisait les différentes méthodes – le gaz lacrymogènes, ils n’arrivaient pas faire capituler les occupants de cette église. Bien évidement, nous les avons suivi mais malheureusement, nous n’avons pas réussi à atteindre le lieu de bataille car notre voiture est tombée dans un marais au pied de la montagne, sur la route  et les militaires arméniens ont bientôt disparu de vue. Toutefois, cette bataille a provoqué une grande résonance car ni  ce jour-là, ni le lendemain, les Arméniens n’ont réussi à prendre l’église. C’est seulement après la troisième tentative qu’ils ont réussi à faire rendre l’église ainsi que le cimetière.  Le jeune homme captif était tout noir à cause de la fumée. Il a survécu sans boire ni manger pendant cinq jours dans l’église sous laquelle son drapeau volait”.

L’héro qui n’as pas lâché son drapeau !Les organisations internationales ignorent le destin de Natiq.

 

Ces paroles appartiennent  à l’auteur de ce fameux article publié dans le magazine “Ogoniok” et qui a rencontré les proches de Natig à Moscou.  D’après ce qu’il racontait quand il a quitté le Karabakh, Natiq était encore en vie. Ainsi K.Smirnov a promis aux proches de Natig qu’il les aiderait à  le trouver mais plus tard il en a refusé et ces raisons restent toujours inconnues.

Il existe le nom de Natiq aussi dans la liste des personnes se trouvant en otage, rejeté par les Arméniens. En dépit de demandes répétées, le sort de Natiq Qassimov reste caché par les Arméniens pour le gouvernement de l’Azerbaïdjan ainsi que pour les organisations internationales.

Parmi sur les tombes de l’Allée des Martyrs disparus à Mingechevir il y a le nom de ce héros, Natiq Qassimov.

Naiba Gourbanova

 

“KarabakhİNFO.com”

 

En cette matière, nous avons utilisé l’interview du journaliste Rahib Garib à “KarabakhINFO.com” et l’article de Azer Taghizdeh dans AzNews.az.

27.09.2013 16:43

laisser un commentaire:

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*