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Shahbanu, empoisonnée par les arméniens

23.10.2013 | 17:03

1382533751_1381490872_240px-agabyim_aga” … votre fille Aghabeyim Agha doit se sentir honoré d’être accueilli à notre harem. Elle doit être une dame de notre harem “.Après l’assassinat d’Agha Mohammad Shah Qajar (Kadjar) à Choucha, pour assurer des relations pacifiques avec la Perse, Ibrahim Khalil Khan a fait transporter le cadavre de Qajar à Téhéran avec un grand respect. Fath Ali Shah Qajar qui a apprécié ce geste du Khan, a offrit des cadeaux à ses émissaires avant de les faire renvoyer. Il lui a envoyé une épée en demandant en mariage l’une de ses filles qu’Ibrahim Khalil Khan a acceptées avec joie.

Ainsi, sur la demande de Fath Ali Shah, la fille du Khan accompagnée de plus de 200 serviteurs   a été envoyée du Karabakh au palais de Téhéran. Le Shah qui a célébré le mariage par une grande fête, a désigné Aghabeyim Agha Javanshir au sommet de son harem.

On dit que les belles femmes amenées au palais font entrer d’abord à une chambre où sont rangées des belles robes pour qu’elles en choisissent une à leur gout avant d’être présentées au Shah. Aghabeyim agha qui avait entendu que parmi les robes il y avait des robes appartenant à la mère du Shah, a délibérément choisi l’une d’elles. Fath Ali Shah qui a vu la robe de sa mère sur Aghabeyim Agha  découragé et l’humeur changée  ne l’a jamais touché..

“Malgré qu’il ne l’a jamais touché, le Shah respectait beaucoup et demandait toujours l’avis de la fille de Ibrahim Khalil Khan, la poétesse Aghabeyim Agha. Un jour Fath Ali Shah lui donne son cahier de poèmes en demandant qu’elle mette son doigt sur le poème qu’elle n’apprécie pas. Aghabeyim Agha lit les poèmes, ferme le cahier et met son doigt en dessus. Le Shah rougit jusqu’aux oreilles”.

Mirabbas Mirbaghirzadeh écrivait: “On l’appelait Aghabaji au palais. Le Shah lui a attribué ainsi qu’à ses accompagnants un salaire à vie. C’était une femme fière, majestueuse et sublime.  Elle était intelligente, cultivée, éduquée et une poétesse de grand talent… Fath Ali Shah appréciait tous ses qualités et ne cachait pas sa satisfaction de s’apparenter avec elle”.

Aghabeyim Agha était connu de tous par sa beauté, son excellente mémoire et sa manière de tenir un discours. Elle était l’une des premières femmes intéressée aux questions politiques et à la vie sociale et culturelle de l’Iran. Ainsi, son nom est mentionné dans des documents relatifs au conflit russo-iranien conclu par une réconciliation.Shahbanu, empoisonnée par les arméniens

L’historien Seyidagha Onullahi, dans son livre sonsacré aux années du pouvoir de Fath Ali Shah, à sa politique extérieure et intérieure, aux conflits internes au palais, parlait aussi de la vie de Aghabeyim Agha: “Il y avait beaucoup de femmes de l’Azerbaïdjan dans le harem de Fath Ali Shah. L’une d’elles était la fille ainée d’Hassan, chef d’Iravan, Kovhkab khanum. Le chef de la tour Sardarabad Hassan Khan, pendant la guerre russo-turque en 1828-1829 a combattu héroïquement à la défense d’Iravan contre les conquérants russes. Hassan Khan était connu sous le surnom de “Sari Aslan”. Mais il était impossible de défendre le khanat d’Iravan contre les armées de l’Empire russe. Aghabeyim Agha a pris des mesures d’urgence pour sauver Sari Aslan, le père de Kovhkab, envoyant 15 soldats russophone habillés en uniformes russe au lieu de la bataille pour qu’ils protègent la vie de ce héros du peuple ».

La poétesse Aghabeyim Agha, qui a vécu à la fin du XVIIIe et au début du XXe siècle, en dépit d’être la fille du Khan était réellement différente de ces malheureuses femmes sans droits.

Née à Choucha en 1780, Aghabeyim Agha a eu une enfance heureuse  et elle a été éduquée au palais. Mais les années paisibles n’ont pas duré longtemps. La poétesse a été contrainte de quitté à jamais le Karabakh et, contre son gré a dû vivre jusqu’à la fin de sa vie dans un autre pays. En 1797, elle a épousé Faht Ali Shah, le roi de l’Iran. Au cours de son voyage en Iran, comme un gage d’amour à la terre du Karabakh, elle a écrit son fameux quatrain en persan qui commence par l’hémistiche ” Xorrem onku be seri ku-ye to ça-ye dared ” (“Heureux est celui qui vit en toi”).

Aghabeyim Agha maitrisait bien le français et l’anglais en plus de l’arabe et le persan. Ses connaissances de langues lui ont permis de créer des contacts avec les célèbres princesses et reines de l’Europe et l’Orient. En 1811, nommé ambassadeur en Iran par le roi d’Angleterre, Sir Orelli lors de la présentation des lettres de créance à Fath Ali Shah, a rendu hommage à Aghabeyim Agha lui donnant un diamant de la part du roi et de la reine.

Sa vie triste et languissante est décrite largement dans les œuvres de nombreux écrivains. Mashadi Mirbaba, père de Yusif Vazir Tchamanzaminly, poète et premier ambassadeur de la République démocratique d’Azerbaïdjan en Turquie, était  vizir connu d’Ibrahim Khalil Khan. L’écrivain qui connaissait mieux la vie du palais, dans son roman “Entre deux feux” a montré en détail les années d’enfance d’Aghabeyim Agha et son premier amour pour son cousin.

L’intérêt de Fath Ali Shah apportée à l’art et aux plaisirs a transformé le palais Qajar à une partie de l’Europe à cette époque. Les peintres célèbres, des scientifiques, des médecins et des philosophes de l’Occident étaient souvent ses invités.

Aghabeyim Agha correspondait avec de nombreux dirigeants de l’époque sur les relations extérieures de l’Etat. Le roi d’Angleterre, lors de sa visite en Iran, a été si impressionné par sa beauté et son intelligence qu’il a donné personnellement l’ordre de “Saint Georges” à Shahbanu (femme du Shah). Aghabeyim Agha est la seule femme turque qui a obtenu ce prix.

Shahbanu, empoisonnée par les arméniensBien Aghabeyim Agha a vécu parmi les richesses du palais, elle passait ses jours en tristesse.

Fath Ali Shah a ordonné de créer un beau jardin à Téhéran pour lui faire plaisir. Il fait planter toutes sortes d’arbres et de fleurs apportées de Choucha, afin qu’elle puisse respirer l’air de sa terre natale. Même le jardinier était venu de Choucha. Ce jardin de fleurs a été nommé le «jardin de patrie”. Quand Aghabeyim est entré dans ce jardin elle est devenue très triste et a commencé a pleurer. Tout le monde dans le palais a été surpris par cette scène parce que le “jardin de patrie” faisait partie de Choucha. Elle a exprimé sa tristesse dans ses versets où elle parlait de sa tragédie et la souffrance personnelle.

Aghabeyim Agha utilisait habilement différents types de genres et de formes dans sa poésie, comme ses contemporains G. Zakir, Achi Pari et A. Garadjhadaghi.

A la fin de sa vie, elle a quitté le palais et a déménagé dans son propre tour  à Ghum, où elle a passé une vie simple.

Plusieurs sources affirment que la mort d’Aghabeyim Ahga était naturelle. Selon Vizir Mehriban, elle était pour la guerre pour chasser les Russes du Caucase. Ainsi, en 1831, sur la commande des Russes, les meurtriers Arméniens en position d’autorité dans le palais ont tué Aghabeyim Agha en l’empoisonnant. La poétesse a été enterrée dans le cimetière familial de la dynastie royale à Ghum.

Sources:

Journal «La littérature et l’art”, 2 septembre 1978

“Karabakhnamé”, Deuxième livre, 2006

Histoire de  l’Azerbaïdjan,  XIX-XX siècles, 2010

M. Vazir, “Les femmes courageuses pour les “, 2008.

M. Hassanova, “Les femmes célèbres de l’histoire de l’Azerbaïdjan”, 2008.

M. Tchamanly, “La révolte des esprits”.

Zivar Ay

“KarabakhİNFO.com” 

 

23.10.2013 17:03

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