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Un miracle du Maestro

26.04.2014 | 10:08

1398493789_1396861594_niyaziJe me souviens que lorsque j’étudiais dans l’école musicale, les salles de classes étaient décorées de tableaux d’artistes connus,et de compositeurs. Parmi ces tableaux il y en avait un qui attirait mon attention. Le visage de ce tableau possédait une expression exceptionnelle, un geste spécifique et une image magique. C’était ma première rencontre avec le chef d’orchestre Niyazi.

 

 

Il est évident que les innovations qui se sont manifestées dans l’histoire culturelle depuis la fin du siècle précédent ont également touché notre musique. Ainsi, une nouvelle génération de musiciens, qui sont les successeurs de l’école d’Uzeyir Hajibeyli, ont continué, d’une manière digne, les traditions de cette école.
Parmi les représentants de cette nouvelle génération, le nom de Niyazi doit être particulièrement souligné. Il a joué un rôle important dans l’histoire musicale de part sa créativité multiforme. Niyazi a démontré la culture de l’Azerbaïdjan et du Karabakh d’où il est né.

Niyazi qui est né comme le fils de frère d’Uzeyir Hajibeyli en 1911, est devenu un maestro en orchestrant les traditions musicales du Karabakh ainsi que la musique nationale classique. Depuis sa jeunesse, il était en contact avec les chanteurs folkloriques. Ainsi, il faut particulièrement souligner que la communication avec son oncle Uzeyir Hajibeyli et l’ambiance musicale qui régnait dans la famille lui ont permis de s’engager dans la créativité artistique. Niyazi a découvert un nouveau courant dans la musique professionnelle grâce à son environnement familial.

Niyazi est caractérisé de deux manières : le chef d’orchestre et le compositeur. Comme un chef d’orchestre, il est le premier interprète des œuvres de plusieurs compositeurs azerbaïdjanais, ainsi que le présentateur des œuvres des compositeurs européens en Azerbaïdjan et à l’extérieure de notre pays. Comme un compositeur, il est le créateur de « Rast », « Khosrov et Chirin », « Tchitra », « la suite de Zagatala », « Lezginka », « Arzou » et d’autres chefs-d’œuvre.
En outre, Niyazi a sérieusement travaillé sur la collection et la notation des chansons folkloriques. À ce stade, Uzeyir Hajibeyli est le premier qui a transcrit les chansons folkloriques en notes et en 1927, il a publié le magazine intitulé « les chansons folkloriques turco-azerbaïdjanaises » grâce à la contribution de Musslim Magomayev. Il convient de noter que certaines chansons de ce magazine ont été transcrites en notes d’après l’interprétation de Jabbar Garyagdioglou, ainsi une partie des exemplaires a été collectée par Z.Hajibeyov.

Au cours des années suivantes, Niyazi a poursuivi l’activité de collection et de notation de la créativité folkloriques débutée par U. Hajibeyli, M. Magomayev et J. Garyagdioglou. À ce stade, il convient de souligner la notation des mughams « Rast » et « Chur » interprétés par J. Garyagdioglou. Malheureusement, ces transcriptions en notes n’ont pas été publiées. Il faut également noter que ces transcriptions en notes ont été appréciées par Uzeyir Hajibeyli. Cela démontre le professionnalisme de Niyazi.

Le mugham « Rast » est souvent interprété par les musiciens et au fur et mesure, il est devenu un laboratoire de créativité. Par conséquent, le grand maestro a transcrit en notes le mugham susmentionné. En 1949, il est revenu sur ce sujet et a créé le mugham symphonique de « Rast ». À cette époque, Niyazi était en contact avec Zulfi Adigozelov et le maestro a transcrit la chanson folklorique « le Saz dans tes mains » qu’il a utilisée dans le mugham symphonique de « Rast », par son interprétation.

Au cours des années 30, A. Zeynalli, G. Garayev, J. Hajiyev, Z. Bagirov, M.S. Ismayilov et d’autres jeunes musiciens ont été engagés dans le Bureau des recherches scientifiques de musique au Conservatoire qui était dirigé par BulBul. Ces musiciens ont transcrit en notes plusieurs chansons folkloriques appartenant à différentes régions.

Il faut noter que Niyazi a été envoyé dans les régions Lenkeran et Masalli. Lors de cette période, il a réussi à transcrire plusieurs chansons folkloriques en notes. À ce titre, on peut parler des noms de chansons comme « Cerise vient », « Ma mignonne », « Les canards », « J’ai aimé », « viens au champ et souris, jeune homme », « la chanson de berger » etc… En outre, Niyazi est le premier musicien qui a transcrit en notes les chansons « oh, grand-mère » et « Ay dili-dili ». Ainsi, chacun de ces exemplaires est une contribution dans notre culture musicale.

Il faut particulièrement mettre en évidence la série de pièces de piano de Niyazi sur les Talyshs. Dans ces pièces, il a été le sujet des chansons talyshes.
En outre, il convient de noter que Niyazi est le premier musicien qui a formé les chansons folkloriques pour l’orchestre symphonique. Sans doute, Niyazi était un grand maestro et cela est démontré dans ses compositions comme « Garagilé », « Regarde-là », « l’eau éclaboussée dans les rues », « je suis devenu soûl », « le rossignol jaune », « viens-viens », « les provinces souriantes », « joue et danse » etc …Ces œuvres ne sont pas nombreuses. Cependant, elles ont une valeur artistique. Car, d’un coté, ces chansons folkloriques sont les premières qui ont été formées pour l’orchestre symphonique, de l’autre, elles reflètent le style de Niyazi. Le grand maestro utilise, soit la combinaison de différents instruments, soit l’interprétation solo ou tutti de ces instruments. En même temps, il obtient l’interprétation originale et les nouveaux timbres musicaux en effectuant l’alternance de différents groupes d’instruments. En d’autres termes, le grand maestro a parfaitement transcrit ces chansons en langue orchestrale. C’est l’innovation que Niyazi a apportée dans le trésor du monde.

Plusieurs chanteurs, notamment BulBul, Rachid Behbudov, Ch. Alekberova, F. Ahmedova, S. Gedimova, M. Magomayev, Fidane et Khuraman Gasimova, ont interprété ces chansons et c’est un grand plaisir de les écouter. Selon moi, les chanteurs contemporains doivent interpréter et inclure ces chansons dans leurs répertoires.
Lorsque le chef d’orchestre Niyazi coordonnait le jeu, il démontrait une « illusion- une magie musicale » ou un miracle artistique en termes d’art et de spectacle. Le rythme de sa main, son attitude envers la musique, son caractère artistique, ses gestes et mimes nous permettent de dire cela. En ce sens, Niyazi qui a laissé un trésor très riche, vivra toujours dans l’histoire musicale grâce à sa créativité précieuse.

Fakhri Memmedli 
art-expert
Membre de l’Union des Artistes de l’Azerbaïdjan.

La litterature utilisée :
Rafael Husseinov – ‘La mille deuxième nuit’. Bakou, 1988.

26.04.2014 10:08

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